L’objet de ma
recherche concerne d’une part l’impact de la culture visuelle
des années 1890 sur les mentalités de l’époque, et d’autre part
l’influence que ces dernières ont exercé sur cette même culture.
Les historiens d’art, surtout dans le monde anglo-saxon, s’intéressent
plus volontiers à l’avant-garde, c’est-à-dire à un courant artistique
qui s’adresse à une élite et à un public jeune, délaissant ainsi
d’autres formes artistiques très diverses qui touchent, elles,
des couches sociales plus vastes. Les historiens, quant à eux,
se sentent mal à l’aise lorsqu’il s’agit d’analyser les images,
et répugnent le plus souvent à examiner plus avant les liens
qu’elles peuvent avoir avec leurs recherches. Si l’on part du
principe que la culture visuelle recouvre la plus grande variété
possible de formes de représentation c’est-à-dire non seulement
l’art d’avant-garde, mais aussi les monuments, la décoration
des édifices publics, les affiches, la peinture de Salon, la
caricature, les illustrations pour enfants, la photographie,
etc. en quoi cela peut-il modifier notre approche des mentalités
de l’époque ? C’est à cette question que j’ai tenté de répondre
dans mon livre The Troubled Republic (Presses universitaires
de Yale, 2004 (1)) en analysant le lien entre images et débat
de société, à partir de quatre exemples précis.
Ces débats
se déroulent dans un contexte agité : la France
des années 1890 est en effet secouée par la chute
rapide de plusieurs gouvernements, ainsi que par l’épisode
boulangiste et l’affaire Dreyfus. Jamais, cependant, la
notion de République n’est remise en question,
et c’est en partie à travers les images que le
régime tente de conforter son assise idéologique.
Les tableaux exposés au Salon et achetés par l’État
sont imprégnés des valeurs phares de la République
– liberté, égalité, fraternité.
Le régime souligne également sa démarche
progressiste, rejetant la hiérarchie sociale, la superstition,
les pesantes traditions. De plus en plus, le public se familiarise
avec les dernières découvertes scientifiques.
La Tour Eiffel témoigne des ambitions progressistes de
la France, et domine les Expositions Universelles de 1889 et
1900. Les théories darwiniennes sur l’évolution
et de la dégénérescence, traduites en français
en 1862, touchent peu à peu un public élargi et
s’étendent, dans les années 1890, à
d’autres disciplines. En 1891, Jules Huret analyse ainsi
la littérature contemporaine sous l’angle d’une
concurrence entre naturalisme et symbolisme dans son Enquête
sur l’évolution littéraire. De plus
en plus on utilise les théories darwiniennes pour analyser
et comprendre la société contemporaine. D’autre
part, La Psychologie nouvelle de Jean-Martin Charcot
et Hippolyte Bernheim modifient la façon d’analyser
les mouvements de société. Les sociétés,
comme les individus, sont sensibles à la suggestion,
et certains termes cliniques tels que « surmenage »
ou « neurasthénie » font leur entrée
dans le langage courant. On ressent en outre une certaine angoisse
liée à l’accélération du rythme
de vie.
Une
nation en dégénérescence ?
Le premier débat
abordé dans mon livre concerne la notion de dégénérescence
du corps national, notion abondamment discutée par Max
Nordau et Alfred Fouillée, entre autres (2). Cette notion
est à l’opposé de l’idée d’évolution
et de progrès, car elle suppose un problème physique
et moral, susceptible de diagnostic, affectant non seulement
le corps physique de l’individu mais aussi celui de la
nation. Des taux d’alcoolisme et de maladies vénériennes
en augmentation, une croissance démographique en berne
et le surmenage sont autant de symptômes de cette dégénérescence.
La dénatalité est un problème préoccupant.
Entre 1891 et 1895 les décès excèdent les
naissances en France, tandis que dans d’autre pays européens,
et notamment en Allemagne, la population est en forte augmentation.
C’est alors qu’entre en jeu la culture visuelle,
qui contribue à l’effort entrepris pour enrayer
la tendance, car cette culture est fondée sur le corps
humain. En 1894, Pierre de Coubertin lance le mouvement olympique
moderne dans l’enceinte de la Sorbonne, au pied de la
fresque de Puvis de Chavannes (on considère alors que
de Chavannes est un artiste « sain », dont la facture
classique ne montre aucun signe de dégénérescence).
La peinture est mobilisée pour promouvoir la santé
corporelle, comme par exemple dans le tableau de Charles Crès,
L’Inspection générale des exercices
physiques au Prytanée Militaire, exposé au
Salon de 1888. En 1903, Jean Geoffroy crée un triptyque
rendant hommage au dispensaire La Goutte de lait fondé
à Belleville par le Dr Gaston Variot pour enseigner aux
femmes des couches populaires les méthodes modernes de
l’hygiène du nourrisson. Ces exemples mettent en
avant les valeurs d’une République démocratique,
égalitaire, progressiste et scientifique, et vantent
le plus souvent la maternité et la virilité. Mais
il en existe d’autres qui jouent sur la notion de décadence.
Edgar Degas et Pierre Bonnard explorent une imagerie sexuelle,
prenant, me semble-t-il, conscience du rôle croissant
joué par les fantasmes et la psychologie dans leurs toiles.
En 1888, Degas expose chez Boussod et Valadon des pastels qui
abordent crûment l’actualité sexuelle, et
on s’étonne qu’un artiste ait osé
dévoiler ce genre d’images au public de l’époque.
Le tableau de Bonnard intitulé L’homme et la
femme, qui date de 1900, offre peut-être un cas exemplaire
d’auto-analyse du comportement psychosexuel de l’artiste.
L’adultère est également un thème
en faveur auprès des artistes, car il est non seulement
un lieu commun de la caricature et du théâtre de
boulevard, mais également un symptôme redouté
de déclin social (par exemple, Hermann-Paul,: La
Vie de Mme Quelconque, 1894). Les aspects les plus équivoques
de la vie intime sont souvent représentés comme
des diversions comiques qui posent un diagnostic pessimiste
sur l’état physique et moral de la nation.
Analyser
la foule
Le deuxième débat concerne la foule. La France
avait connu de grandes insurrections populaires en 1830, 1848
et 1871 et, aux alentours de 1890, on craignait de voir le pays
replonger dans un cycle de violence. Aucun mouvement révolutionnaire
populaire des années 1890 ne parvient à renverser
le pouvoir, mais la République reste très troublée
par le souvenir de vastes manifestations, que ce soit au moment
du Boulangisme vers 1888-9, ou du coup d’État manqué
de Paul Déroulède et de la Ligue des Patriotes
en 1898. La République redoute deux factions rivales
et dangereuses pour elle : les socialistes sur sa gauche et
les nationalistes sur sa droite. Mais il existe également
des foules plus rassurantes, comme les 32 millions de visiteurs
à l’Exposition Universelle de 1889 (peinte par
Jean Béraud dans un tableau qui manifeste les notions
d’égalité et de fraternité). Des
intellectuels se penchent sur le sujet, afin d’analyser
et de comprendre les phénomènes de foule afin
de mieux les contrôler. Dans La Psychologie des foules,
Gustave Le Bon s’inspire de la recherche médicale
et des thèses darwiniennes pour expliquer le comportement
de la foule, entité d’essence féminine,
influençable et donc dangereuse si elle n’est pas
manipulée (3). Pour Le Bon, les idées infectent
les foules comme une contagion ou une épidémie,
et transforment les masses en un organisme unifié. Les
théories de Le Bon pénètrent assez rapidement
les milieux intellectuels. Zola, par exemple, inclut de nombreuses
descriptions de foules dans La Débâcle,
parue en 1892 avant le texte de Le Bon, sans parler de «
contagion », contrairement à son roman Paris,
publié en 1898, où le concept devient central.
C’est sur ce postulat que repose à l’époque
l’imagerie des foules. Celles que montre Jean Béraud
à l’Exposition Universelle de 1889 sont de «
bonnes » foules, enthousiastes, rassemblées autour
d’une idée positive et consensuelle. Paul Buffet,
en revanche, dans une scène tirée de Salambô
(1894), peint une foule retournée à sa barbarie
d’origine. On estime qu’il faut contrôler
les instincts de la foule, soit de manière systématique
en faisant par exemple appel à l’armée,
soit par une idéologie positive et des rituels tels que
le défilé du Quatorze juillet. On découvre
donc des images très républicaines, comme l’immense
tableau de Roll qui célèbre le Centenaire
de 1789 (SNBA 1893) ou patriotiques, comme la peinture
de Louis Loustaunau, Présentation de l’étendard
aux recrues (SAF 1892). Le même genre d’images
se retrouve dans les photographies de presse de l’époque,
où la foule est représentée et unifiée
par des idées positives – la République,
l’armée, la nation – et contrôlée,
structurée, par les systèmes rationnels que sont
l’architecture urbaine et la loi représentée
par le gendarme. À défaut d’être maîtrisés,
les mouvements de foule peuvent déboucher sur une insurrection
populaire, telle que la dépeint par exemple André
Devambez en 1902 dans un tableau intitulé La Charge,
où l’ensemble harmonieux formé par les forces
de l’ordre est mis en contraste avec la masse noire et
chaotique des fauteurs de trouble.
Religion ou République
Le troisième
débat porte sur la question religieuse. Fondée
sur le principe de laïcité, la Troisième
République est cependant contrainte, à partir
de 1890, d’envisager le rapprochement entre l’Église
et l’État. Fragilisé par le nationalisme
boulangiste, le mouvement centriste républicain cherche
à asseoir son pouvoir, ce qui implique un assouplissement
de ses positions anticléricales. Le pape Léon
XIII, de son côté, reconnaît que la République
est installée durablement et cherche à s’allier
avec elle pour faire rempart au socialisme. Lancé par
le Cardinal Lavigerie, la politique du Ralliement est un échec,
mais débouche sur une remise en question par les artistes
du lien entre l’individu et la foi religieuse. Il existe
un art qui se veut « catholique avant tout », que
ce soit le naturalisme prisé par de nombreux décorateurs
d’églises, ou bien les solutions plus progressistes
proposées par Maurice Denis. La Glorification de
la Sainte Croix, peint par Denis pour l’église
de Sainte-Marguerite au Vésinet, combine un chromatisme
moderne avec un style simplifié dérivé
de son admiration pour Fra Angelico, suggérant ainsi
la continuité de la foi chrétienne. La piété
du peintre est ici manifeste, ce qui n’est pas toujours
le cas, et il est parfois difficile de déterminer quel
point de vue adopte tel ou tel artiste. La Sainte-Claire-Deville
peinte en 1890 par Léon Lhermitte pour l’École
de Chimie semble à première vue célébrer
l’homme de science, mais la composition de la toile évoque
une représentation de la Cène. Le triptyque de
Charles Cottet intitulé Les Adieux (1898) reproduit
la même ambiguïté, avec son quiétisme
et la patiente endurance des souffrances, peu surprenants de
la part d’un artiste élevé chez les Maristes.
D’autres artistes adoptent des positions manifestement
anticléricales. C’est le cas par exemple de Paul
Laurens qui, dans son Saint-Jean Chrysostome et l’Impératrice
Eudoxie (1893), se sert d’un épisode de l’histoire
byzantine pour critiquer l’ingérence de l’Église
dans les affaires de l’État. Un sujet moderne,
comme Devant Saint-Sulpice de Jules Gustave Besson
(1896), opère une division ironique entre les pauvres
de Paris et les séminaristes qui passent en procession
derrière eux. Les artistes catholiques s’efforcent
également de moderniser leur imagerie. Á l’École
biblique de Jérusalem, fondée par les Dominicains
en 1890, les chercheurs ont recours aux méthodes scientifiques
de l’archéologie pour étayer leur interprétation
des textes bibliques. C’est avec leur soutien que James
Tissot conçoit en 1896 sa Vie de notre Seigneur Jésus-Christ,
un ouvrage criant de vérisme. L’image la plus bizarre
du livre est un tableau intitulé Ce que notre Seigneur
a vu de la Croix, tentative extrême de reconstruction
des faits. D’autres artistes catholiques sont plus modérés.
C’est le cas d’Étienne Moreau-Nélaton,
probablement lié au mouvement du catholicisme social
d’Albert de Mun, et qui dessine une affiche soutenant
la construction de Notre-Dame de Travail (1897), acte pieux
d’un homme privilégié encourageant le prolétaire
à placer sa foi dans l’Église plutôt
que dans le socialisme. Les artistes ont bien entendu des prises
de position différentes au sujet de la foi et de l’Église,
mais leurs images, dans toute leur diversité, soulignent
l’importance des débats religieux dans les années
1890.
Revanche ou regret ?
Le quatrième
et dernier débat est particulièrement intéressant,
car les historiens considèrent pour la plupart que la
France a, dans les années 1890, renoncé en grande
partie à l’idée de prendre sa revanche sur
l’Allemagne et à reconquérir les territoires
perdus. C’est sans doute le cas dans les milieux politiques,
diplomatiques et militaires, mais l’idée reste
bien présente dans les mentalités, comme le montrent
les abondantes références à la revanche
dans l’imagerie de l’époque. Il importe surtout
de comprendre que l’imagerie peut opérer à
des niveaux différents. Certaines représentations
de l’armée, comme Le Photographe au régiment
d’Eugène Chaperon (1899), mettent en avant
les saines valeurs républicaines de la conscription –
égalité, fraternité - sans idéologie
revancharde. D’autres tableaux sont plus agressifs, tels
que la gravure de collection Vive le Tsar! de Félix
Braquemond (1893), qui célébre l’Alliance
Franco-Russe, ou encore l’extraordinaire Boucherie
de Jean Veber, retirée du Salon National de 1897 à
la requête de l’Ambassade d’Allemagne, indignée
de voir que le boucher debout près de son étal
de chair humaine a été représenté
sous les traits de Bismarck. D’autres œuvres se cantonnent
dans l’allusion. Le Rhin, une table réalisée
par Émile Gallé et Victor Prouvé pour l’Exposition
Universelle de 1889 montre les Gaulois et les Teutons séparés
par un grand fleuve, accompagnés d’une citation
de Tacite indiquant que cela correspond à l’ordre
naturel des choses. Geneviève ravitaillant Paris,
la peinture murale réalisée par Puvis de Chavannes
au Panthéon entre 1893 et 1898, procède également
par allusion en dépeignant une scène du Ve siècle
qui évoque le siège de Paris en 1870-71. Vingt
ans après la guerre franco-prussienne, il s’agit
d’entretenir la mémoire du conflit. Des scènes
de guerre sont souvent reproduites dans des gravures et des
photographies destinées à une très large
diffusion ; c’est le cas, par exemple, des Dernières
cartouches d’Alphonse de Neuville (1873), ou d’Elle
attend, icône quasi allégorique réalisée
par Henner en 1871. On s’efforce également de présenter
sans cesse des images militaristes aux enfants. Une affiche
publicitaire pour un grand magasin de Bordeaux en 1899 en fournit
un exemple; Nous les aurons, de Geoffroy (1899) utilise
le fameux cri de ralliement patriotique de Jeanne d’Arc
dans une scène où de jeunes garçons jouent
au soldat. L’imagerie était multiple, et pouvait
être interprétée de diverses manières.
Le tableau d’Ernest-Jean Delahaye, Montbéliard
: Paul Déroulède entre le premier dans la ville
(1899), est une scène de propagande célébrant
le héros nationaliste, tandis que Les Conscrits,
peint en 1889 par Pascal Dagnan-Bouveret offre l’image
générique de jeunes français partant faire
leur devoir pour leur pays. Le Rêve d’Édouard
Detaille (1888) montre des soldats fraternellement unis dans
leur sommeil, rêvant de la gloire de leurs récents
prédécesseurs à l’aube de la bataille.
L’ennemi n’est pas identifié, et l’œuvre
reste donc ambiguë. Dans le monument aux morts d’Édouard
Lormier, intitulé Mort pour la patrie et exposé
en 1898, la représentation réaliste du champ de
bataille est rehaussée par la figure de la France, qui
semble se précipiter à la rencontre du spectateur.
Les tableaux et les monuments de ce genre pouvaient être
interprétés différemment, selon l’idéologie
ou la politique du moment. On pouvait y voir l’évocation
passive du souvenir ou des valeurs collectives, mais y lire
aussi l’appel à une guerre de revanche. Cette ambiguïté,
cette souplesse de lecture étaient loin d’être
anodines et, dans la culture visuelle, l’idée de
revanche était bien présente.
Voilà
brièvement exposé le panorama de mon livre, qui
repose sur quelques idées maîtresses. Tout d’abord,
si l’on veut comprendre la culture visuelle de cette époque,
il faut voir au-delà de l’art d’avant-garde
(sans le négliger) et étudier aussi l’art
créé par, et pour la masse de la bourgeoisie et
du peuple. Il est donc nécessaire de s’intéresser
à une imagerie très variée, qui va de la
plus pompeuse peinture murale à la plus insignifiante
image de presse ou photographie. Il faut ensuite garder à
l’esprit que l’analyse de la culture visuelle offre
de riches perspectives pour comprendre les mentalités
dominantes et opposées. Cette imagerie, dans toute sa
diversité, ne constitue pas un répertoire passif
des idées, des opinions et des préjugés
de l’époque. Elle est bien plutôt une force
dynamique qui modèle, articule et stimule les mentalités
les mentalités populaires. En dernier lieu, en se situant
à la croisée à la croisée de l’histoire
et de l’histoire de l’art, on ouvre un champ de
recherche particulièrement fécond.
Notes
1. Richard
Thomson, The Troubled Republic. Visual Culture and Social
Debate in France, 1889-1900, Yale University Press, 2004.
2. Max Nordau, Entartung (Dégénérescence),
Berlin, 1892; Alfred Fouillée, « Dégénérescence
? Le Passé et le présent de notre race »,
Revue des deux mondes, LXV, 15 octobre 1895, pp. 793-824.
3. Gustave Le Bon, La Psychologie des foules,
Paris, 1895.
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Fig.
1 Pierre Puvis de Chavannes, La Sorbonne (terminé
1889). Paris, Grand Amphithéâtre de la Sorbonne.
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Fig.
2 Pierre
Bonnard, L'homme et la Femme (1900). Paris, Musée
d'Orsay.
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Fig.
3 André Devambez, La Charge (1902). Paris,
Musée d'Orsay.
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Fig.
4 Edouard Detaille, Le Rêve (1888). Paris,
Musée d'Orsay.
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