Le
thème de la relation entre l’art et la technologie
traverse l’art du vingtième siècle et s’exprime
dans la vision de corps entièrement mécanisés.
La femme-machine, le robot féminin, objet à la
fois de désir et d’angoisse, apparaît au
centre de cette problématique. Pour les avant-gardes
du début du siècle, l’automate féminin
sert de métaphore pour repenser l’acte créateur
à une époque marquée par la crise des formes
artistiques traditionnelles. Si tout objet est désormais
fabriqué en série et reproductible, l’idée
du peintre qui crée un objet unique et original de ses
propres mains apparaît soudainement inadaptée.
L’automate féminin, tel qu’il émerge
au début du XXe siècle, exprime ainsi des problèmes
relatifs à la création, à la reproduction
et à la procréation à l’âge
industriel et, en conséquence, contribue à redéfinir
la relation entre l’original et la copie(1).
Les différentes
incarnations machiniques imaginées au cours du XXe siècle
renvoient, de façon ambivalente, à la menace,
mais aussi au potentiel innovant de la technologie, pour l’artiste
désormais confronté aux nouvelles conditions imposées
par le capitalisme industriel et l’expansion des techniques
de reproduction des images. Dans ce contexte, la femme-machine
prend à chaque fois la forme d’un objet étrange,
menaçant, désirable et fétichisé,
mais potentiellement subversif.
Production et Reproduction
En juin 1915,
à peine arrivé à New York pour échapper
à la guerre en France, Francis Picabia publie un dessin
intitulé la Fille née sans mère dans
la revue 291(2). Il s’agit d’un dessin
abstrait, le premier d’une série de dessins «
mécanomorphes », dans lequel l’artiste développe
le thème de la femme artificielle, née de l’union
entre l’homme et la technologie alors en expansion(3).
Le contenu du
dessin reste difficile à saisir dans des termes figuratifs.
La Fille née sans mère montre une interaction
entre des éléments mécaniques et d’autres
d’apparence plus organique : une machine aux formes géométriques
semble expulser des parties rondes qui suggèrent l’image
d’un corps humain produit par une machine. On pourrait
identifier, dans les parties rondes sur la droite du dessin,
des formes évoquant des seins ou des yeux, qui paraissent
quasiment propulsées vers l’extérieur par
le mécanisme activé par une machine à ressorts
sur la gauche. C’est pourtant le titre, avant tout, qui
induit une lecture anthropomorphe de ces formes abstraites comme
des formes humaines expulsées par une machine.
Le motif de
la création d’un être humain sans l’intervention
de la femme a des origines mythiques. Présent dans la
culture occidentale depuis le mythe grec de la naissance d’Athéna,
sortie de la tête de Zeus, il réapparaît
dans celui, chrétien, de la naissance d’Eve, modelée
à partir de la côte d’Adam. Toutefois, la
Fille née sans mère évoque plus
spécifiquement l’ancien mythe de Pygmalion, qui,
selon les Métamorphoses d’Ovide, raconte
l’histoire de l’artiste qui fabrique de toutes pièces
la femme parfaitement conforme à son désir.
La Fille
née sans mère évoque le thème
de Pygmalion en le transposant dans la modernité, puisqu’elle
suggère une créature féminine produite
par une machine manipulée par l’artiste. C’est
aussi ce que l’on peut déduire du texte de Paul
Haviland publié dans le numéro suivant de 291
: « L’homme a fait la machine à son image.
Elle a des membres qui agissent, des poumons qui respirent,
un coeur qui bat, un système nerveux où court
l’électricité. Le phonographe est l’image
de sa voix ; l’appareil photographique est l’image
de son oeil. La machine est sa « fille née sans
mère ». […] La photographie est un des beaux
fruits de cette union. L’épreuve photographique
est un élément de cette nouvelle trinité
: l’homme, créateur pensant et voulant ; la machine
action mère ; leur produit, l’oeuvre. »(4)
En adaptant
l’ancien mythe de l’artiste comme démiurge
aux nouvelles conditions imposées par le développement
technique, Haviland se réfère à la photographie,
c’est-à-dire à une pratique née de
la technique. Dans une relation quasi incestueuse, le procédé
photographique fait en sorte que la fille de l’homme devienne
aussi sa maîtresse afin de pouvoir engendrer l’œuvre.
La machine, imaginée comme une fille soumise à
l’autorité du père, incapable d’agir
et de produire seule, prend ainsi, de façon contradictoire,
le rôle d’une mère dont la sexualité
est contrôlée par l’homme. De la même
manière, dans la reconfiguration du mythe proposée
par Picabia, les éléments mécaniques et
féminins sont associés, ou plutôt superposés,
et le processus créateur se confond avec celui de la
(re)production. Production, procréation et reproduction
deviennent ainsi des termes métaphoriquement voisins
qui renvoient tous au problème de la création
artistique à l’âge de la reproduction technique.
En ce sens, le processus de procréation envisagé
dans la création de l’androïde féminin
renvoie aux nouveaux modes de production et de reproduction
des images et à la perte de ce que Benjamin décrit
comme le caractère original de l’œuvre, son
ici et maintenant(5). À l’original, l’objet
unique produit par la main de l’artiste, s’opposent
maintenant les objets produits en série et les images
réalisées par des procédés mécaniques.
La récurrence du thème de la femme-machine dans
les avant-gardes véhicule ainsi les angoisses ressenties
face à ces changements et devient le nœud de la
recherche d’un nouveau paradigme artistique capable de
faire face à la crise provoquée par le développement
technologique et la perte conséquente de l’aura
de l’œuvre d’art.
La Fille
née sans mère établit un lien explicite
entre la procréation, la production industrielle et la
création artistique. Le topos de l’opposition entre
nature et culture est ainsi détourné : la femme,
liée à la nature, est maintenant associée
à la technologie, à la modernité et à
la création artistique. En tant qu’être hybride,
elle se situe dans un entre-deux où la question de la
procréation renvoie à la reproduction technique
: elle est reproductible, mais ne peut pas produire. À
travers cette figure, la technologie instaure une relation ambivalente
entre l’œuvre d’art et son créateur.
La femme-machine est impliquée dans le processus productif
– puisque c’est avec son aide que l’artiste
produit l’œuvre – mais elle constitue également
l’objet du désir et de la créativité
de l’artiste. En ce sens, la Fille née sans
mère renvoie aux promesses et aux menaces de la
modernité pour l’artiste.
Technologie de la vision
En opposition à ces fantasmes de compensation, dans lesquels
le féminin fonctionne comme un élément
de médiation – mythifié et érotisé
– entre l’artiste et les nouvelles technologies
de l’image, dans les pratiques artistiques informées
par le féminisme, l’identification du corps féminin
à la technologie produit un effet de critique et de déconstruction.
Valie Export
fait partie de la génération qui a choisi d’utiliser
les nouveaux médias, en refusant la tradition (implicitement
masculine) de la peinture. Le choix de travailler avec un médium
technologique s’inscrit ainsi dans un programme féministe
au sein duquel la question du genre par rapport à la
technologie est réinvestie de manière provocatrice(6).
Un de ses travaux les plus connus, Tapp und Tastkino,
réalisé en 1968 en collaboration avec Peter Weibel,
interroge la relation entre l’image féminine, le
désir du spectateur et les technologies de la vision.
L’action se déroule dans la rue, à Vienne,
et fait partie des travaux que l’artiste a réalisés
dans le cadre de l’expanded cinema – c’est-à-dire
l’extension de formes cinématographiques à
des actions performatives. Ici, le corps de l’artiste
remplace à la fois l’écran de cinéma
et le matériel filmique. Pendant la performance, le torse
de Valie Export est littéralement contenu dans une sorte
de théâtre en miniature, une boîte avec des
rideaux qui dissimule la nudité du corps. Peter Weibel,
le compagnon de l’artiste à cette époque,
se trouve à ses côtés et, aidé d’un
mégaphone, il invite les passants à introduire
les mains à travers les rideaux et donc à toucher
les seins nus de Valie Export. Dans la substitution de la vue
par le toucher, le corps féminin est présenté
dans son rôle classique d’objet érotique.
L’action
Tapp und Tastkino est fondée sur l’analogie
entre le corps féminin et le cinéma en tant que
système et dispositif, et interroge, de manière
agressive, le plaisir voyeuriste du spectateur. Ce dernier est
en effet publiquement invité à toucher ce qu’au
cinéma, il ne peut que regarder : le corps de la femme.
Le désir du spectateur, normalement protégé
par l’obscurité de la salle, est ici exposé
en public, alors que l’écran cinématographique
et l’image sont remplacés par le corps réel.
La dimension critique de cette action réside dans le
dévoilement des mécanismes du voyeurisme : ses
différentes composantes sont déconstruites dans
l’exposition du spectateur et l’identification littérale
de l’objet du désir avec l’appareil cinématographique.
Pendant l’action, l’artiste regarde le spectateur
avec indifférence, tandis qu’elle chronomètre,
implacable, le temps de l’acte : elle détourne,
de cette manière, la relation entre regardeur et regardé
; du statut de femme-objet, elle se transforme en celle qui
détient le regard et qui exerce le contrôle à
travers une menace implicite.
Dans ce processus d’identification et de superposition
du corps réel avec l’appareil technologique de
la vision, Valie Export reprend la figure classique de l’automate
féminin, objet d’un amour impossible, puisque sa
nature mécanique la rend indifférente au désir
qu’elle suscite.
L’implication
subjective avec l’appareil technique et avec l’image
cinématographique s’accompagne cependant d’une
évidente dimension de risque. Malgré la présence
masculine de Weibel, le dispositif de la performance est ambivalent
puisque l’artiste apparaît exposée au désir,
potentiellement agressif, du spectateur. Par ailleurs, l’identification
du sujet avec l’artificialité de l’automate
détourne l’érotisme entre l’artiste
masculin et l’objet de sa création : l’ancien
mythe de Pygmalion s’effondre dans cette superposition
des deux rôles. L’identification entre corps et
image radicalise la tension entre les statuts de sujet et d’objet,
tension dans laquelle se trouve inévitablement prisonnière
l’artiste qui utilise son propre corps comme matériau
artistique. Pourtant, ce qui apparaît particulièrement
traumatique dans cette performance est non seulement l’implication
du corps réel – on est loin de la métaphore
–, mais aussi l’agressivité qu’elle
adresse simultanément contre le spectateur et contre
elle-même. La tension érotique et la relation de
pouvoir qu’elle établit démontrent que Tapp
und Tastkino s’oppose à la rhétorique
féministe « classique » de la libération
du corps de la femme. La performance est explicitement ambivalente
quant aux potentialités libératoires de la technologie.
Elle traite plutôt de la possibilité d’imaginer
à nouveau le rapport du corps féminin à
la technologie et à l’image, dans une tension assumée
entre désir et répression.
Sérialité du corps féminin
On pourrait supposer, d’après l’exemple de
Valie Export, que la résurgence du thème de l’automate
féminin dans l’art contemporain serait liée
à une problématique féministe. Je voudrais
cependant introduire un exemple que l’on pourrait qualifier
de post-féministe et qui indique de manière troublante
la persistance de cette figure féminine à une
époque marquée par les formes de fétichisme
imposées par le capitalisme tardif. Les performances
avec lesquelles Vanessa Beecroft s’est rendue célèbre
depuis le milieu des années 1990 renouent avec la figure
de l’automate féminin.
Loin du processus
de subjectivation et de prise de conscience – quoique,
nous l’avons vu, ambivalent – de Valie Export, les
performances de Beecroft apparaissent nihilistes, anonymes,
pornographiques. Des jeunes femmes, plus ou moins déshabillées,
posent comme des présences silencieuses dans un espace
donné, la plupart des cas la salle vide d’un musée
ou d’une galerie. Ces jeunes femmes sont quasiment le
seul matériel artistique de Beecroft , qui orchestre
leur présence à travers la mise en scène
et la chorégraphie des corps dans l’espace de l’exposition.
Elles n’interagissent pas, ni entre elles, ni avec le
public et il est impossible de les approcher. Ces femmes affichent
une indifférence totale à l’événement
que constitue leur présence. Elles sont l’objet
du regard, mais elles-mêmes n’ont pas le droit de
regarder les spectateurs, selon les consignes que leur a données
l’artiste(8). Leur expression doit plutôt signifier
l’absence, l’ennui, la mélancolie : référence
au regard dans la représentation classique du nu féminin,
qui ne doit pas déranger le voyeurisme du spectateur(9).
Ces corps apparaissent
inanimés, uniformes et anonymes. Leur artificialité,
et celle de la situation dans son ensemble, contrastent avec
la nudité, élément qui pourrait pourtant
renvoyer à la naturalité du corps. Mais ces femmes
n’ont rien de naturel ; malgré leur nudité,
les corps apparaissent construits, maquillés et uniformisés,
mis en scène comme des statues (pas très) vivantes.
La performance VB46 (VB pour Vanessa Beecroft), réalisée
à la galerie Gagosian de Los Angeles en 2001, construit
une atmosphère de science-fiction. Dans le white
cube de la galerie américaine, une lumière
claire enveloppe un groupe de mannequins nus, qui, le pubis
rasé, débout sur des chaussures blanches à
talons aiguilles, les cheveux courts et blancs comme les corps,
sont disposés selon des cercles concentriques. En se
référant à cette performance, Vanessa Beecroft
déclare l’intention de créer un monochrome
blanc(10), ce qui renvoie à l’utilisation du corps
féminin comme allégorie et, simultanément,
matériau de la peinture.
C’est pourtant ici que la métamorphose du mannequin
en androïde devient plus explicite : dans un vertige sériel,
les mannequins apparaissent reproductibles comme des clones.
Les corps blancs, rangés et artificiels de cette performance
évoquent une imagerie fantasmo-technologique qui suggère
la réalité des biotechnologies et le fantasme
de la reproduction du corps non pas par une machine, mais à
travers la réplication du gène, de la vie en elle-même.
De façon similaire à la science-fiction contemporaine,
cette représentation ne concerne pas seulement la vision
d’un avenir utopique, elle renvoie aussi au sentiment
de dépaysement face à un présent pris dans
l’accélération imposée par l’instrumentalisation
du vivant dans les pratiques scientifiques et culturelles contemporaines.
Dans les dispositifs
de Vanessa Beecroft, il y a répétition sans fin,
ou plutôt, sans original. Le double fétichisme
dans lequel sont pris les corps féminins est évident
: ces corps sont non seulement réifiés, mais aussi
disposés comme des marchandises sur les rayons du supermarché.
Beecroft utilise la forme sérielle d’une façon
particulière : tous ces corps se ressemblent sans être
pourtant identiques, mais les éléments de différence
sont tellement minimes qu’ils finissent par valider le
caractère répétitif(11). Répétition
d’une norme féminine, donc : le corps du mannequin
incarne lui-même le lien inextricable entre le processus
de reproduction et la marchandise.
Notes
1. On pourrait évoquer aussi les nombreuses
incarnations masculines de l’automate ou du robot, très
répandues dans l’art, la littérature et
dans la culture populaire. Mais, contrairement aux automates
féminins, ces personnages masculins sont en général
caractérisés par un processus de métamorphose
du sujet masculin qui se transforme en engin métallisé,
alors que dans le cas de l’automate féminin il
s’agit le plus souvent d’un corps fabriqué
de toutes pièces. Dans sa qualité d’objet
privilégié de la représentation, le corps
féminin entretient un lien plus étroit avec le
problème de la reproduction technique des images et,
de manière générale, avec la création
artistique. Sur la différence entre robots masculins
et féminins, voir : R. Braidotti, Metamorphoses.
Towards a materialistic theory of becoming, Cambridge,
Polity, 2002 ; en particulier le chapitre 5 : « Meta(l)morphoses
: the Becoming-machine », pp. 212-263.
2. La revue est éditée par Paul
Haviland et Marius de Zayas entre mars 1915 et février
1917. Le dessin lui-meme n’est pas daté, il a été
réalisé sur le verso d’une lettre de l’Hotel
Brevoort, où Picabia séjournait à New York
; selon William Camfield, il a été réalisé
peu avant sa publication, au printemps 1915. William Camfield,
Francis Picabia. His art, life and times, Princeton,
N. J., Princeton University Press 1979, p. 80.
3. La fille née sans mère est
le sujet de différentes œuvres réalisées
par l’artiste entre 1913 et 1918, date à laquelle
Picabia publie le recueil Poèmes et dessins de la
fille née sans mère (18 dessins et 51 poèmes),
Lausanne, Impr. Réunis, 1918 (nouvelle édition
: Paris, Allia, 1992).
4. Paul B. Haviland, in : 291, n°
7-8, septembre-octobre 1915, (p. 4). Le texte est publié
en anglais et en français.
5. « Les conditions nouvelles dans lesquelles
le produit de la reproduction technique peut être placé
ne remettent peut-être pas en cause l’existence
même de l’œuvre d’art, elles déprécient
en tout cas son hic et nunc », in : W. Benjamin,
« L’œuvre d’art à l’époque
de sa reproductibilité technique » (1939), traduit
de l’allemand par M. de Gandillac, R. Rochlitz et P. Rusch,
in Œuvres, vol. III, Paris, Gallimard, 2000, p.
275.
6. Sur le rapport entre corps, médium
et technologie dans le travail de Valie Export, voir en particulier
: Silvia Eiblmayr, « “Split Reality“ –
zur Repräsentationsstruktur im Werk von Valie Export »,
in Valie Export, cat. exp. Linz, OÖ Landesgalerie,
1992, pp. 166-170 ; Sigrid Schade, « Bilder – Sprachen
– Medien – Realitäten », in Valie
Export. Mediale Anagramme, cat. exp. Berlin, NGBK, 2003,
pp. 17-26.
7. A l’exception du dessin, que l’artiste
pratiquait surtout au début de sa carrière, et
de deux performances avec des hommes en uniforme : VB39
en 1999 (Contemporary Art Museum, San Diego) et VB42, en 2000
(au Whitney Museum à New York).
8. Vanessa Beecroft résume dans un entretien
ces règles : « Do not talk, do not interact with
others, do not whisper, do not laugh (…) you are like
an image, maintain your position as much as you can, remember
the position that you have been assigned (…) do not break
the rules… » in : Vanessa Beecroft. Performances,
1993-2003, cat. exp. Turin, Museo di Rivoli, 2003, p. 18-19.
9. Sur le classicisme chez Vanessa Beecroft,
voir Susanne von Falkenhausen, « Klassische Reglements.
Vanessa Beecroft Anordnung »,in : Texte zur Kunst,
n° 42, juin 2001, p. 76.
10. Voir les notes de l’artiste, publiées
dans : Vanessa Beecroft, op. cit., p. 325.
11. R. Michel, L’œil-écran
ou la nouvelle image, cat. exp. Casino Luxemburg, 2007,
p. 66.