Le
pluralisme postmoderne
Évoquer
le revival des ready-mades à l’époque
dite postmoderne implique tout d’abord de rappeler comme
une évidence que la postérité de l’invention
de Marcel Duchamp a été visible dès les années
1960. On peut citer ne serait-ce que les Nouveaux Réalistes
pour rendre compte du regain d’intérêt que
l’objet industriel connut à cette époque où
la société de consommation était en train
de connaître son essor. En conséquence, il ne s’agit
pas à proprement parler d’un vrai retour aux ready-mades
qui aurait été inauguré durant les eighties
- si l’on prend le cadre chronologique de la postmodernité
au sein du champ des arts plastiques et non celui de l’architecture.
Simplement, cette dénomination dit à elle seule
le changement de paradigme qui aurait eu lieu à cette période
: là où les avant-gardes avaient insisté
sur l’originalité de leurs œuvres - dans une
perspective historique linéaire marquée par le progrès
et une certaine téléologie -, les artistes postmodernes
assumeraient la reprise de procédures déjà
existantes. Certes, un tel schéma avait déjà
été décrit en 1959 par le critique d’art
Harold Rosenberg à travers la tradition du nouveau(1).
Mais il reste que la répétition du phénomène
vingt ans plus tard vint accentuer l’épuisement de
la logique de la rupture à l’égard du passé.
Dans ce contexte,
les ready-mades ont pu être perçus sans rapport avec
les expérimentations initiales, au même titre que
la peinture figurative réapparue sur le devant de la scène.
Daniel Buren expliquait ainsi en 1998 que « c’est
le ready-made et l’appropriation qui firent le plus de "petits"
depuis le début des années 1960 et en particulier
de véritables clones depuis le début des années
80. Là, bien sûr, il y a académisme(2). »
Hans Haacke avait fait le même constat quelques années
auparavant : « aujourd’hui, expliquait-il en 1990,
la technique du ready-made n’est plus viable comme avant.
Elle a été brisée par une exploitation abusive.
Elle a perdu ses potentialités comme un médicament
qui a été pris de façon trop régulière(3)
». Au compte de ces critiques, on ajoutera le point de vue
de Thierry de Duve dont les écrits théoriques ont
eu pour but de distinguer Duchamp de ses suiveurs. Il affirmait
que « depuis Duchamp, il est acquis que tout et n’importe
quoi peut être de l’art, et le monde de l’art
vit aujourd’hui sur ce pacte qui veut qu’un objet
quelconque, dès qu’il a franchi la porte d’un
musée ou d’une galerie, se présente au public
- qui n’a plus qu’à opiner du bonnet - déjà
doté du statut d’art. Greenberg trouvait cela insupportable,
moi aussi(4). »
Cette situation
met à mal l’idéalisme humaniste qui présupposait
un sens commun et affirmait l’existence de chefs-d’œuvre
constituant la grande culture universelle. L’acceptation
d’une multiplicité exponentielle de propositions
esthétiques est l’indice de la crise du jugement
critique - kantien - et par là même de l’histoire,
qui « n’est pas une donnée, ni simplement un
catalogue de tout ce qui s’est produit dans le passé,
mais un effort délibéré d’abstraction
par lequel nous séparons ce qui est important de ce qui
ne l’est pas(5)». À cet égard, Jean-François
Lyotard précisait en 1988 que « nous sommes dans
un moment de relâchement » en ajoutant que «
l’éclectisme est le degré zéro de la
culture générale contemporaine(6)». Propre
à la culture de masse, cet éclectisme se retrouve
au sein du monde de l’art où la cohabitation pacifique
d’une grande variété de styles, de procédures
et de théories apparaît comme l’une des caractéristiques
de la postmodernité. Au violent combat des avant-gardes
pour la postérité se serait substituée une
tolérance décontractée qui a pour contrepartie
la remise en cause d’une unité ontologique.
Or, le ready-made
invite à une telle dissémination. En 1962, Marcel
Duchamp avait fait part de l’impossibilité de former
une catégorie à part entière : « Ce
qui est curieux à propos du Ready-made, c’est que
je n’ai jamais été capable d’en donner
une définition ou une explication qui me satisfasse complètement(7)
». Il avait approfondi cette indéfinition en indiquant
autre part sur un mode pataphysicien que « chaque ready-made
est différent »(8). Cette singularité prend
à revers la tradition essentialiste de l’Occident
que le philosophe Cornelius Castoriadis a nommée la «
logique ensembliste identitaire ». Cette dernière
repose sur le principe de concepts pleins, de sens propres et
fait appel parfois à la tautologie, au détriment
des « significations imaginaires sociales » qui sont
pour leur part historiquement instituées(9). Ainsi faut-il
insister sur la nécessité d’employer l’appellation
ready-made au pluriel.
Établir
alors un corpus regroupant John Armleder, Tony Cragg, Jeff Koons,
Bertrand Lavier et Haim Steinbach n’induit pas que ces différents
artistes répondent à la même interprétation
du ready-made. De ce fait, une telle association présente
une certaine incomplétude qui ne la fait pas se confondre
cependant avec un pur arbitraire. Cette approche peut même
tenir lieu de méthodologie : l’absence d’un
concept abstrait valant pour tous oblige à insister sur
la réappropriation personnelle faite par ces artistes.
Et ainsi de ne pas privilégier les similitudes mais de
penser aux différences que génère ce rassemblement.
Favoriser les divergences est une façon de ne pas souscrire
à l’acceptation indifférente de toutes les
créations au sein de la culture. Là, le travail
de l’historien de l’art ne relève plus exclusivement
de la reconstitution des faits. Et si sa relecture prend ses distances
avec la sacro-sainte objectivité scientifique - dans sa
tendance à énoncer une exacte concordance entre
le réel et ses représentations -, c’est uniquement
afin de faire valoir « l’écart entre la pensée
et ce qui est pensé(10)».
Le rendez-vous prolongé de l’avant-garde
Dire que l’époque
postmoderne est marquée par une indistinction entre art
et culture n’appelle pas le consensus. Pour les avant-gardes,
la nouveauté avait pour objectif de détacher leurs
créations du temps présent afin de mieux écarter
les normes issues de la tradition et affirmer leur liberté.
Et si on en croit Bertrand Lavier, ce projet n’a pas été
abandonné. « Quand on n’est plus capable d’être
d’avant-garde, on a tout intérêt à dire
que l’avant-garde n’existe plus. Mais je pense qu’il
est toujours possible de faire des choses nouvelles, et c’est
la tâche dont s’acquitte l’avant-garde »(11).
Il reprend à son compte le décalage perceptible
entre la création et la consécration propre aux
artistes modernes. Pour lui, ses œuvres fonctionnent sur
le mode de la dissidence esthétique, ce qui induit qu’elles
ne peuvent recevoir immédiatement l’aval du public.
Cette première réticence est le signe fort d’une
originalité sans concession qui demanderait toujours un
temps d’adaptation : « (…) souvent, la première
réaction que j’ai devant une œuvre que je viens
de réaliser, c’est la consternation »(12) explique
Lavier.
Ce dernier choisit
des objets dont la valeur artistique n’est pas donnée
d’avance. La prise de risque s’observe notamment à
travers sa série de superpositions initiée en 1984
avec Brandt/Haffner qui associe un réfrigérateur
sur un coffre-fort. Pareil appareillage cherche à s’inscrire
dans le champ de la sculpture comme sa version plus monumentale
de 1987, Privé/Mobi. Un silo à grains monté
sur un garage métallique avait été montré
dans l’une des salles du musée de Grenoble consacrée
à la peinture religieuse de la Renaissance. Le contraste
entre ces deux emblèmes de la modernité industrielle
et l’environnement muséal accentuait leur caractère
provocant. Mais le dispositif n’est pas exempt de qualité
visuelle : les proportions des masses superposées, la stabilité
entre le cylindre élancé et le parallélépipède
allongé, le rythme créé par les lignes verticales
et horizontales, constituent un ensemble finalement unitaire et
équilibré.
Quand Lavier note
que « l’invention, la nouveauté choquent presque
toujours », que « c’est presque un théorème(13)»,
il rejoint Clement Greenberg qui affirmait encore en 1987 : «
C’est la règle, non pas une règle écrite
mais la règle avérée, que le meilleur art
depuis Manet reste à l’arrière-plan pendant
un moment ; que le nouvel art, acclamé et célébré,
le nouvel art qui occupe le premier plan, soit un art invariablement
inférieur. Ensuite, avec le temps, dix, quinze ou vingt
ans, le meilleur art nouveau se fraye un chemin jusqu’au
premier plan. D’une façon ou d’une autre(14)».
Cette leçon pragmatique de la modernité est reconduite
par Lavier car elle permet à l’esthétique
de se préserver du décoratif. Elle est l’affirmation
de l’autonomie de la création plastique quand l’ornemental
en est la chute dans le champ social. Une objection peut néanmoins
être énoncée : cette conception minimise les
effets de la professionnalisation du monde artistique et le fait
que le rejet se fasse le plus souvent à l’échelle
du champ, comme en a témoigné la médiatique
crise de l’art contemporain - décrié par le
grand public pour son manque de beauté (classique) et de
signification (évidente)(15).
Le prolongement
de la tradition de l’expérimentation se retrouve
aussi chez Tony Cragg dont le travail fait écho à
une réflexion de Donald Judd pour qui « ce serait
une grande découverte que de trouver une forme qui ne soit
ni géométrique, ni organique »(16). Près
de trente ans plus tard, l’artiste anglais spécifie
que « les catégories de l’"organique"
et du "géométrique" ne suffisent pas à
saisir le spectre en entier. Il existe d’autres catégories
que nous ignorons »(17). Ainsi, Cragg tente de sortir de
cette classification restreinte en opérant la fusion des
deux ordres, à l’image de Birnam wood de
1985. Si le titre fait référence à la forêt
shakespearienne de Macbeth, le bois renvoie surtout à
un paysage d’objets quotidiens dont les formes s’émoussent
sous l’effet de la poudre de plastique multicolore qui y
est agglutinée. Une chaise, une mappemonde, un placard
ou encore un jerrycan présentent une surface vibrante qui
traduit la recherche d’un dépassement des groupes
existants.
Au début
de la décennie, l’usage de couleurs vives par Cragg
était une manière de prendre ses distances à
l’égard de l’austérité de nombreuses
pièces visibles dans les années 1970. Mais l’emploi
du plastique permettait aussi de faire violence à toute
délectation visuelle facile : « La matière
plastique heurte toujours, souligne-t-il. Les gens qui dessinent
les objets en plastique pour un monde mercantile agressif essaient
de vous frapper avec les couleurs, qui sont donc autant d’agressions.
Le matériau est en soi très agressif par ses coloris,
ses formes et sa vulgarité »(18). Utilisé
à l’état de déchet, le plastique a
été choisi par Cragg à la fois en raison
de cette absence de complaisance et de ses potentialités
inexprimées. Dans le cas de Bottles II de 1982,
les rebuts sont agencés de telle manière que la
forme et la couleur des modèles posés au sol soient
reprises. Cet agencement cherche à donner une nouvelle
signification à ces fragments d’objets qui ont perdu
leur rôle au sein de la société.
De ce point de
vue, Tony Cragg puise dans ce que Boris Groys a nommé «
l’espace profane » qui s’oppose à la
sphère artistique : « L’espace profane est
constitué de tout ce qui est dénué de valeur,
insignifiant, inintéressant, extra-culturel, non pertinent
et éphémère. Et pourtant, c’est justement
cet espace profane qui fait office de réservoir des valeurs
culturelles potentiellement nouvelles, puisqu’il est l’Autre
relativement aux archives valorisées de la culture.(19)
» L’ambition de Cragg est d’approfondir la relation
au monde industriel entretenue par chaque spectateur. Il fait
appel à des débris pour leur donner une seconde
vie symbolique après le cycle habituel de la production
et de la consommation. Façon de réénchanter
le monde dont le développement technologique est souvent
vécu comme un mal nécessaire.
L’esthétisation
effective de la consommation
De son côté,
Haim Steinbach engage une stratégie toute différente.
S’il prend également en charge le cycle industriel,
il se focalise essentiellement sur le phénomène
de la consommation en insistant sur le processus de différenciation
à l’œuvre. À la fin des années
1980, Pierre Restany constatait dans cette logique : « La
philosophie du projet postindustriel s’est fragmentée
en une série de dispositifs orientés vers des marchés
partiels et précis, de plus en plus personnalisés
dans leurs codes sémantiques, fortement différenciés
les uns des autres(20). » Une telle parcellisation est visible
à travers la pièce Fresh de 1989 qui revisite
le Porte-bouteilles de Duchamp avec une version en plastique
orange, ostensiblement kitsch. Les deux exemplaires sont associés
à des pelles - peut-être à neige pour évoquer
In Advance of the Broken Arm de 1915 - qui se parent
d’une noblesse propre au passé. Ces objets renversent
la beauté de l’indifférence assumée
par Marcel Duchamp et témoignent de la multiplicité
des styles accueillis par le libéralisme économique.
Comme l’écrit Gilles Lipovetsky, « le moment
post-moderne est bien davantage qu’une mode, il révèle
l’indifférence pure en ce que tous les goûts,
tous les comportements peuvent cohabiter sans s’exclure,
tout peut être choisi à loisir (…) dans un
temps dévitalisé sans repère stable, sans
coordonnée majeure »(21).
Ce temps dévitalisé
est visible à travers les étagères de Steinbach
qui pointent le mouvement d’esthétisation généralisée
que Jean Baudrillard avait diagnostiquée dès la
fin des années 1960(22). En des termes équivalents
au sociologue, il considère que la culture s’est
transformée en un espace homogène de stimulations
incessantes, un espace pornographique : « Nous ne pouvons
entretenir plus longtemps l’utopie d’objets artistiques
libres à l’égard de l’expression et
du contenu de la pornographie, ni nous imaginer à part,
à distance ou retirés de celle-ci.(23) » La
pornographie correspond donc à l’environnement socioculturel
du capitalisme avancé où toutes les marchandises
sont surexposées, où leurs caractéristiques
sont exacerbées, où la séduction est outrancière.
Untitled (mug, ashtray, vase, hook) (1989) est emblématique
puisqu’elle présente quatre babioles fantaisistes
imitant un sein, une pipe, une corolle tenue par une main et un
biceps contracté. Ces brimborions sont les signes du nouvel
ordre productif où la forme n’est plus tributaire
de la fonction et où le ludique devient une religion de
pacotille. Dans ces conditions, la sexualisation des gadgets apparaît
comme la métaphore d’un univers saturé.
C’est également
en référence à ce contexte que Jeff Koons
réalise la plupart de ses œuvres. Mais au constat
quelque peu résigné de Steinbach, il substitue une
attitude volontariste. Ses objets de la série Statuary
de 1986 proposent une esthétique racoleuse, à l’image
de son lapin "aguicheur" (Rabbit). Pour lui,
l'art doit être en fait une activité de séduction.
Autrement dit, ses pièces répondent à l’hypertrophie
esthétique des sociétés postindustrielles
et assument pleinement une forme d’entertainment
: « Je suis (…) pour que les artistes regagnent la
responsabilité de la manipulation, de la séduction
: pour voir un art qui soit capable d’avoir autant d’impact
politique que l’industrie des loisirs, le film, l’industrie
de la musique ou la publicité(24). » Les surfaces
réfléchissantes de ses sculptures - comme celle
de Bob Hope (1986) - exhibent à elles seules la
volonté de Koons que l’art retrouve son leadership
dans la culture contemporaine - quitte à épouser
le mode de fonctionnement des puissants mass médias.
Initiée
au XIXe siècle, la problématique de la concurrence
entre l’art et l’industrie trouve donc ici une réponse
qui pourrait être perçue comme une forme de cynisme
mais peut tout aussi bien être comprise comme une troublante
ingénuité, décomplexée à l’égard
de la faillite des utopies. Un seul mot d’ordre semble convenir
à Jeff Koons : l’efficacité. L’art «
devrait être aussi effectif que possible en tant que moyen
de communication. (…) Si rien ne change, il va se perdre
complètement dans sa propre rhétorique. C’est
une industrie qui pense impliquer tant de savoirs et tant de mérites,
alors que bien sûr, elle n’implique rien de tout cela(25).
» Koons prend le contre-pied de la tradition moderne en
faisant la promotion du succès et de la popularité.
Il réplique aux positions de Lavier et Cragg dans la mesure
où pour lui, seule l’intoxication de l’art
par la culture de masse peut sauver la création plastique
de l’élitisme et par là même de l'inanité.
Pour un retour du débat
En conséquence,
certaines oppositions dialectiques peuvent être reconstituées
pour la période des années 1980 même si elles
n’ont pas été vécues en tant que telles
par les artistes cités. Entre ceux qui croient en la possibilité
d’une transcendance esthétique et ceux qui la récusent,
la distance ne semble pas devoir être résorbée.
Il reste à évoquer le cas de John Armleder car ce
dernier a surtout relevé le désinvestissement des
enjeux esthétiques pour cette décennie : «
(…) j’aime beaucoup le fait que la radicalité
artistique n’a absolument aucune conséquence. Cela
sonne de façon polémique. Qui cela intéresse
que cela soit polémique ou non : c’est toujours la
même chose, la même peinture, et les mêmes personnes
qui jouent avec, c’est toujours de l’art et de la
connerie culturelle(26). » Pareil propos entérine
à la fois la spécialisation du milieu artistique
et son assimilation au sein de la culture. Il appuie donc la neutralisation
des pratiques artistiques. Cet extrémisme cheap
s’observe par exemple dans sa sculpture d’ameublement
234 qui date de 1990. Depuis 1979, Armleder multiplie les
déambulations dans les magasins pour trouver les matériaux
nécessaires à ces œuvres alliant le plus souvent
peinture de style moderniste et objet manufacturé. Dans
le cas présent, les trois rouleaux de moquette ont été
choisis par Sylvie Fleury - à l’époque sa
compagne - afin d’être juste placés contre
un mur d’exposition. La radicalité vient du retrait
de la subjectivité et du refus de toute signification :
l’œuvre se dérobe à toute justification
autre que son existence matérielle.
Toutefois, le
contexte ne permet plus d’accorder la même portée
à ce geste artistique. Armleder note lui-même : «
On a cette folie de ne voir dans l’art que des choses exceptionnelles.
L’art que je fais respecte les normes attribuées
à l’art en général par le cumul de
l’art jusqu’à aujourd’hui et par ceux
qui l’ont appréhendé. Je ne fais rien d’autre
que les autres n’aient déjà fait une fois(27).
» En dépit de l’intransigeance de sa procédure
plastique, l’artiste reconnaît l’érosion
du choc moderne et par extension l’ambivalence de l’anti-conformisme
esthétique à l’époque postmoderne.
Or, c’est cette ambivalence qui incite aujourd’hui
à problématiser encore l’héritage des
avant-gardes et à essayer de comprendre ce que la postmodernité
a été ou est. Au-delà des tabous et des caricatures
suscités par cette appellation, un débat reste donc
à engager.
Notes
1. Harold Rosenberg, La Tradition du nouveau,
Paris, Les Éditions de Minuit, 1962 (1959).
2. Daniel Buren, Au sujet de… Entretien
avec Jérôme Sans, Paris, Éditions Flammarion,
1998, p. 70.
3. Ma traduction. Cité par Mark Thomson,
« Hans Haacke », in : Artefactum, november-december
1990/january 1991, vol. 7, n° 36, p. 2.
4. Thierry de Duve, Clement Greenberg entre
les lignes suivi d’un débat inédit avec Clement
Greenberg, Paris, Éditions Dis Voir, 1996, p. 86.
5. Francis Fukuyama, La Fin de l’histoire
et le dernier homme, Paris, Éditions Flammarion, 1992,
p 169.
6. Jean-François Lyotard, Le Postmoderne
expliqué aux enfants, Paris, Éditions Galilée,
2005 (1988), p. 13.
7. Katherine Kuh, « Marcel Duchamp »,
Artist‘s Voice. Talks with Seventeen Artists, New
York, Harper and Row, 1962, p. 59.
8. Cité par Otto Hahn, in : VH 101,
automne 1970, n° 3, p. 61.
9. Pour plus de précisions, je renvoie
à Cornelius Castoriadis, L’Institution imaginaire
de la société, Paris, Éditions du Seuil,
1975.
10. Cornelius Castoriadis, Les carrefours
du labyrinthe 1, Paris, Éditions du seuil, 1978, p.
20.
11.
Cité par Catherine Francblin, Bertrand Lavier,
Paris, Éditions Flammarion, 1999, p. 171.
12. Cité par Jean-Hubert Martin, Bertrand
Lavier. Galerie des cinq continents. Musée national
des arts d’Afrique et d’Océanie, Paris, Éditions
de la Réunion des Musées Nationaux, 1995, p. 22.
13. Cité par Catherine Francblin, Bertrand
Lavier, op. cit., p. 175.
14.
Cité par Thierry de Duve, « Un débat public
avec Clement Greenberg », Clement Greenberg entre les
lignes suivi d’un débat inédit avec Clement
Greenberg, op. cit., p. 136.
15. Sur cette question, on peut se reporter aux
ouvrages de la sociologue Nathalie Heinich : L’Art contemporain
exposé au rejet, Nîmes, Éditions Jacqueline
Chambon, 1998. Le triple jeu de l’art contemporain.
Sociologie des arts plastiques, Paris, Éditions de
Minuit, 1998.
16. Cité par Lucy Lippard, « Homage
to the Square », in : Art in America, juillet-août
1967, p. 56.
17. Cité par Heinz-Norbert Jocks, «
OK, M. Duchamp, vous avez pris beaucoup de risques, mais vous
avez bloqué pas mal de choses avec votre froideur de tacticien
», Tony Cragg, Paris, Éditions du Centre
Georges Pompidou, 1995, p. 53.
18. Cité par Jean-Yves Jouannais, «
Tony Cragg dans le paysage de l’atelier », in : Art
Press, octobre 1992, n° 173, p. 18.
19. Boris Groys, Du Nouveau. Essai d’économie
culturelle, Nîmes, Éditions Jacqueline Chambon,
1995 (1992), p. 59.
20. Pierre Restany, Les objets-plus et leurs
présentations informationnelles par Bernard Demiaux,
Paris, Éditions de la Différence, 1989, p. 49.
21.
Gilles Lipovetsky, L’ère du vide. Essai sur l’individualisme
contemporain, Paris, Éditions Gallimard, 1983, p.
58.
22. Voir à ce sujet Le système
des objets. La consommation de signes, Paris, Éditions
Denoël-Gonthier, 1968 et La société de
consommation. Ses mythes, ses structures, Paris, Éditions
Denoël-Gonthier, 1970.
23. Ma traduction. Haim Steinbach, « Joy
of tapping our feet », in : Parkett, novembre 1987,
n° 14, p. 17.
24. Ibid.
25. Ma traduction. Cité par Matthew
Collins, « You are a white man, Jeff… », in
: Modern Painters, Summer 1989, vol. 2, n° 2, p.
61.
26. Ma traduction. Cité par Christoph
Schenker, « John Armleder », in : Flash Art International,
october/november 1986, n° 130, p. 68.
27.
Cité par Suzanne Pagé, « Entretien avec John
Armleder », John M Armleder, Winterthur, Kunstmuseum,
1987, p. 75.