Considéré
comme une mode passagère dans les années 1910,
l’intérêt persistant des artistes d’avant
garde pour les arts d’Afrique, d’Amérique
ou d’Océanie (d’A-O)(1) commence à
en irriter plus d’un à la fin des années
1920. Pour Waldemar Georges, « ce culte voué à
la barbarie, ce retour à un état premier de la
civilisation, est devenu une forme d’académisme
»(2); d’autres affirment qu’il est temps d’en
« revenir à nos claires traditions d’une
race qui a fait ses preuves »(3). Le musée de l’Homme,
dont l’équipe se constitue autour de Paul Rivet
à la fin des années 1920, naît dans ce contexte
de tensions et de xénophobie grandissantes. Soucieuse
de mieux faire connaître les objets rapportés des
colonies, d’en faire apprécier les valeurs d’altérité,
cette nouvelle institution prône la valeur de document
des objets et l’approche contextualisée. Malgré
les réactions affichées à l’encontre
du « tout esthétique », les objets d’A-O
sont encore loin d’être acceptés en tant
qu’œuvres d’art, comme en témoigne la
réception d’une exposition telle que celle organisée
par Tristan Tzara, Charles Ratton et Pierre Loeb à la
galerie du théâtre Pigalle en 1930. De même,
en art moderne, les nouvelles normes de représentations
introduites par les arts d’A-O suscitent incompréhension
et réactions violentes. Nous essaierons de retranscrire
toute la complexité du moment en abordant la création
du musée de l’Homme, L’exposition d’art
africain et d’art océanien à la Galerie
du théâtre Pigalle en 1930 et les photographies
d’objets d’Afrique réalisées par Man
Ray et Walker Evans autour de 1935, pour mieux souligner le
processus d’oscillation du statut fragile de ces objets,
entre œuvres d’art et documents dans les années
1930.
La création du Musée de l’Homme
ou le parti pris en faveur du document
« Depuis
que certaines classes d’objets ethnographiques –
en particulier des sculptures africaines puis océaniennes
– ont été annexées au domaine de
la curiosité artistique sous l’impulsion, quelques
années avant la guerre, d’artistes de l’école
de Paris, un fossé n’a laissé de se creuser
entre le public gagné à ce goût et les conservateurs
de musées d’ethnographie »(4). Georges Henri
Rivière, nommé sous-directeur de Paul Rivet au
Musée d’Ethnographie du Trocadéro en 1928,
émet ce constat en 1930. Rien d’étonnant,
pour lui, « qu’une conception aussi fausse de l’ethnographie
se soit développée dans notre avant-garde artistique
»(5). L’état de délabrement dans lequel
ces artistes découvrirent le musée d’Ethnographie(6)
justifierait, selon lui, l’image déplorable qu’ils
se seraient fait de la discipline ainsi que leur volonté
de « constituer bien vite un Louvre pour y rassembler
toutes les belles pièces d’art primitif
»(7). Georges Henri Rivière déplore pourtant
cette approche : transformées, adaptées au goût
du moment les œuvres d’A-O seraient données
à voir sous un angle qui ne rendrait pas justice à
leurs fonctions ni à leurs valeurs d’origine. Toute
la difficulté du projet du musée de l’Homme
réside dans cette tension entre la nécessité
de répondre à ceux qui voudraient voir les objets
d’Afrique ou d’Océanie exposés dans
un musée des Beaux-arts, et la volonté des ethnographes
de redynamiser leur discipline en concevant une muséographie
qui sache mettre en lumière la signification originelle
et supposée des objets ainsi que leurs qualités
plastiques. L’approche esthétique est pourtant
loin de faire l’unanimité dans la société
française, comme en témoigne le débat provoqué
par l’exposition L’exposition d’art africain
et d’art océanien à la Galerie du théâtre
Pigalle en 1930.
L’exposition d’art africain et d’art
océanien à la Galerie du théâtre
Pigalle en 1930
« L’exposition
d’art nègre et océanien au théâtre
Pigalle (…) a irrité la pudeur de tous les gardiens
de la morale »(8), lit-on dans la revue Cahiers d’art
en 1930. « Pour apaiser quelques pays soucieux de la vertu
de leurs demoiselles », lit-on encore, « le propriétaire
de la galerie, le baron Henri de Rothschild, fit expulser de
la salle les quelques statues qui ne lui semblaient pas d’une
tenue exemplaire »(9). Réagissant contre cette
forme de censure, les organisateurs de l’exposition (Tristan
Tzara, Charles Ratton et Pierre Loeb) demandèrent «
au président du tribunal de la Seine de commettre un
expert pour donner son avis sur "le caractère purement
artistique des oeuvres exposées"». L’argument
de l’art eut raison des réticences du Baron de
Rothschild et les pièces furent réintégrées
avant que la justice n’ait eu à intervenir(10).
Qu’il s’agisse de l’art d’Afrique exposé
à la Galerie Pigalle ou de l’art moderne qui s’en
inspire, c’est le statut même de l’objet qui
est mis en jeu à cette époque(11). L’idée
d’altérité et de contraste, l’opposition
presque dichotomique entre le Beau ou l’admis, et l’étrange
ou le dégradé, est au cœur de la démarche
d’un artiste comme Man Ray.
Man Ray entre noire et blanche
Dans une version
préparatoire et inédite de la photographie Black
and White publiée en couverture de la revue dadaïste,
391 en 1924, deux sculptures sont mises en présence
: une sculpture baoulé de Côte d’Ivoire et
une figure art nouveau représentant une femme européenne.
Symbole d’un « classique » occidental, cette
dernière s’oppose symboliquement à la sculpture
baoulé, mais semble nouer un dialogue avec elle en lui
offrant une fleur. Au hiératisme, aux formes découpées
et marquées de la sculpture baoulé répondent
les courbes de la femme européenne, déhanchée,
un bras sur la poitrine, l’autre tendu vers sa «
compagne » comme pour l’inviter à danser.
Les deux sculptures sont posées sur une chaise de jardin,
recouverte d’une partition de musique. Ce détail
pourrait donner quelques pistes d’interprétation
du contexte dans lequel l’artiste réalisa cette
composition : proches de la nature, la femme blanche (symbolisant
l’Occident) et la sculpture baoulé (symbole de
l’Afrique) se font face dans un dialogue des corps accompagné
par les notes de musique disposées sous leurs pieds,
en forme d’invitation à la danse. Cette nature
n’est pourtant ni « sauvage » ni tropicale.
Il s’agit d’un jardin, ce qui pourrait laisser entendre
que cultivés (au sens d’appréciés,
de choyés), la femme, comme l’art africain, pourraient
donner naissance à une culture « autre »,
sans doute plus heureuse et plus riche que la culture actuelle.
La partition de musique pourrait, quant à elle, se comprendre
comme un clin d’œil au jazz. Considéré
en musique comme aussi subversif que l’art africain dans
les arts plastiques, le jazz constitue en quelque sorte le pendant
de « l’art nègre » et son substrat
; il est la toile sur fond de laquelle sont appréhendés
les objets(12).
Georges Henri
Rivière, lui-même musicien et grand amateur de
jazz, aurait-il déploré une telle mise en scène
de l’objet baoulé ?(13) Ou apprécié
les valeurs d’égalité et de dialogue véhiculées
par cette photographie ? Entre l’approche artistique et
l’approche documentaire, le compromis semble impossible.
Pourtant, en photographie, une nouvelle mouvance est en train
de se développer qui associe « deux pôles
jusqu’alors considérés inconciliables »(14).
« Si l’on peut légitimement parler d’une
vague de « style documentaire » entre les deux guerres
», écrit Olivier Lugon, « ce n’est
pas seulement qu’apparaissent des images de ce type –
elles existaient de longue date -, mais surtout qu’elles
trouvent soudain un nom, un encadrement théorique, qu’elles
émergent comme catégorie esthétique ».
Présents, pour leur part, en Europe depuis la Renaissance,
les arts d’A-O font l’objet d’un même
phénomène d’émergence théorique
et esthétique dans les années 1930. Une sensibilité
nouvelle amène certains artistes à se pencher
sur ce qui jusqu’alors était considéré
comme relevant exclusivement du domaine du documentaire ou de
l’ethnographie, comme ayant une valeur par rapport
à l’objet ou à la culture représentée,
mais n’ayant pas de véritable valeur en soi.
A la charnière de ces deux mouvements de convergence
vers des objets situés jusqu’alors hors du champ
de l’art, s’impose la série de photographies
d’œuvres d’Afrique réalisée par
Walker Evans pour le Museum of Modern Art (MoMA) de New York
à l’occasion de l’exposition African
Negro Art, en 1935.
Walker Evans et les arts d’Afrique
Alors que Paris
est considéré, jusque dans les années 1930,
comme la capitale de l’art « nègre »,
New York organise une exposition majeure d’art africain
en 1935 qui rivalise avec toutes celles organisées jusqu’alors.
Il s’agit, pour cette jeune institution, d’affirmer
sa place sur la scène de l’art moderne et de rivaliser
avec Paris en organisant une exposition prestigieuse en hommage
à l’une des principales sources d’inspiration
de l’avant-garde européenne. Sur les six cents
pièces exposées, près de quatre cent soixante-dix
sont photographiées par Walker Evans à qui le
musée commande une série de portfolios voués
à être distribués dans différentes
universités américaines en vue de mieux faire
connaître l’art africain aux Etats-Unis(15). Si
les photographies sont censées avoir un caractère
purement documentaire, elles n’en véhiculent pas
moins une esthétique propre au photographe et chère
à l’institution. En effet, Walker Evans ne change
pas fondamentalement de technique lorsqu’il photographie
les sculptures ; comme pour les vues de bâtiments ou de
rues, son approche est frontale, le cadrage est serré
sur l’objet(16) placé au centre de la composition
; point de contre plongée, de jeux d’ombres ou
de lumières qui viendraient exprimer la subjectivité
du photographe face à l’objet. Walker Evans refuse
le pictorialisme (il se positionne d’ailleurs fermement
contre la démarche d’Alfred Stieglitz) et revendique
le réalisme, la neutralité absolue et l’effacement
de toute subjectivité face à l’œuvre.
L’écart entre l’objet et sa reproduction
disparaît et le sujet photographié devient
objet photographique. Les photographies en viennent presque
à se substituer aux sculptures. Cette démarche
rejoint, en somme, celle des commissaires de l’exposition
: dans les salles du MoMA, les oeuvres sont appréhendées
abstraction faite de leur contexte d’origine, sans lien
avec d’éventuelles œuvres appartenant à
la même aire géographique ou à la même
époque de création, en tant que créations
plastiques pures et en écho à l’esthétique
moderniste. Si les photographies de Walker Evans viennent se
substituer, en tant que sujet, aux sculptures photographiées,
on pourrait dire, de même, que dans African Negro
Art, les objets d’A-O perdent leur statut de sujets
pour devenir objets d’art moderne. Il s’agit
donc moins ici de diffuser une culture ou des valeurs «
autres »(17), mais bien de consolider un canon esthétique
en train de se mettre en place, via les arts d’Afrique.
Conclusion
Après
la Seconde Guerre mondiale, les arts d’Afrique continuent
leur déplacement institutionnel de la sphère de
l’anthropologie, vers celle des Beaux-arts. Sortie exsangue
de la guerre, la France ne peut plus tenir son rôle de
capitale des arts (18). New York prend le relais avec l’inauguration
du Museum of Primitive Art fondé par Nelson Rockefeller,
en 1957, à deux pas du MoMA. Intimement liées
tant au niveau administratif qu’au niveau de l’esthétique
promue, ces deux institutions œuvrent à la promotion
de l’art moderne et de l’art d’A-O. En 1967,
Nelson A. Rockefeller fait don de sa collection au Metropolitan
Museum of Art de New York qui inaugurera l’aile Michael
C. Rockefeller consacrée à ces objets en 1982.
Un événement d’une telle importance symbolique
n’adviendra, en France, que vingt ans plus tard, avec
l’inauguration du Pavillon des Sessions du Louvre. Le
musée du quai Branly, consacré aux arts d’Afrique,
d’Amérique, d’Asie et d’Océanie,
ouvre ses portes au public en 2005. Dans les deux cas, le parti
pris en faveur de l’esthétique l’emporte
sur celui du document. Au vue des réflexions, des recherches
et des débats qui émergent aujourd’hui en
histoire de l’art comme en anthropologie(19), une troisième
voie devrait pouvoir se dessiner qui réconcilie l’art
et le document, l’histoire de l’art et l’anthropologie,
pour une approche des arts d’A-O qui tienne compte de
l’histoire de la réception de ces objets en Occident
dans une optique pluridisciplinaire enrichie.
Notes
1. Nous
utiliserons l’abréviation « d’A-O »
pour désigner les arts d’Afrique, d’Asie, Amérique
et d’Océanie et éviter les connotations des
adjectifs tels que « primitif », « premier »
ou « tribal ». Cette abréviation ne constitue
qu’un expédient en attendant que les productions
artistiques de ces régions du monde soient appréhendées
séparément et pour leurs spécificités
propres.
2. Waldemar Georges, « Le crépuscule
des idoles », in : Les Arts à Paris, mai
1930, n°17, p. 7.
3. Fernand Hure, « Procès d’une
farce dramatique » in : Le Publicitaire. Non daté,
mais probablement publié vers 1930. Revue de presse
de la galerie Percier, 1930-1931, archives de la galerie Percier,
bibliothèque Kandinsky, musée national d’art
moderne / Centre de création industrielle, Paris.
4. Georges Henri Rivière, « De l’objet
d’un musée d’ethnographie comparé à
celui d’un musée de Beaux-arts », Cahiers
de Belgique n°9, novembre 1930, p. 310.
5. Idem.
6. A propos de l’histoire du musée
d’Ethnographie du Trocadéro, voir Nélia Dias,
Le Musée d’Ethnographie du Trocadéro 1878
– 1908. Anthropologie et muséologie en France,
Paris, Ed. du CNRS, 1991.
7. Idem, p. 310.
8. « Art et pudeur » in : Cahiers
d’art, 1930.
9. Idem.
10. Voir figure 3.
11. Cette anecdote, emblématique des changements
et des tensions à l’œuvre dans la société
de l’époque, en rappelle une autre : celle du procès
attenté, trois ans auparavant, par Constantin Brancusi
aux douanes des Etats-Unis qui avaient saisi ses sculptures sous
prétexte qu’elles relevaient d’une production
industrielle. Voir Brancusi contre Etats-Unis : un procès
historique, Préface de Margit Rowell, Paris, Adam
Biro, 1995.
12. Voir à ce propos Jody Blake Le
tumulte noir, Modernist Art and Popular Entertainment in Jazz
Age Paris, 1900-1930, Pennsylvania, The Pennsylvania State
University, 1999.
13. A propos de Georges Henri Rivière,
voir Nina Gorgus, Le magicien des vitrines, le muséologue
Georges Henri Rivière, Paris, Editions de la maison
des sciences de l’homme, 2003.
14. Olivier Lugon écrit ainsi : «
Avant les années 1920, non seulement le documentaire ne
constitue pas un genre esthétique mais il en est la négation.
Or subitement, autour de 1930, ces deux pôles jusqu’alors
inconciliables se trouvent délibérément associés
dans de nombreux projets photographiques », Le style
documentaire. D’August Sander à Walker Evans, 1920
– 1945, Paris, Macula, 2001, p. 15.
15. Voir à ce propos Virginia-Lee Webb,
Perfect Documents. Walker Evans and African Art, 1935, New
York, The Metropolitan Museum, 2000.
16. Walker Evans découpait ses négatifs
pour que les marges de la photographie soient au plus proche de
l’objet. Voir sur ce point Virginia Lee-Webb, op. cit.,
p. 35.
17. Dans le catalogue, les seules informations
concernant les objets sont rédigées sous forme de
notices. Il ne semble pas que le portfolio ait été
accompagné d’un quelconque texte de fond. Par contre,
le professeur Franz Boas, alors à la tête du département
d’anthropologie à l’université de Columbia
à New York, fut invité à donner une conférence
sur les arts d’Afrique, le 17 avril 1935. Voir Virginia
Lee-Webb, op. cit., p. 23.
18. Voir à ce propos Serge Guilbaut, Comment
New York vola l’idée d’art moderne. Expressionnisme
abstrait, liberté et guerre froide, Nîmes, Ed
Jacqueline Chambon, (1983), 1996.
19. Voir, par exemple, Les cultures à
l’œuvre. Rencontres en art. Textes réunis
et présentés par Michèle Coquet, Brigitte
Derlon et Monique Jeudy-Ballini. Paris, Biro éditeur, Ed.
de la Maison des sciences de l’homme, 2005.
Bibliographie
Brancusi contre Etats-Unis : un procès historique.
Préface de Margit Rowell. Paris : Adam Biro, 1995.
Blake (Jody), Le tumulte noir, Modernist
Art and Popular Entertainment in Jazz Art Paris, 1900-1930,
Pennsylvania, The Pennsylvania State University, 1999.
Nélia Dias, Le Musée d’Ethnographie
du Trocadéro 1878 – 1908. Anthropologie et muséologie
en France, Paris, Ed. du CNRS, 1991.
Gorgus (Nina), Le magicien des vitrines,
le muséologue Georges Henri Rivière, Paris,
Editions de la maison des sciences de l’homme, 2003.
Guilbaut (Serge), Comment New York vola l’idée
d’art moderne. Expressionnisme abstrait, liberté
et guerre froide, Nîmes, Ed Jacqueline Chambon, (1983),
1996
Lugon (Olivier), Le style documentaire. D’August
Sander à Walker Evans, 1920 – 1945, Paris, Macula,
2001.
Rivière (Georges Henri), « De l’objet
d’un musée d’ethnographie comparé à
celui d’une musée de Beaux-arts », in :
Cahiers de Belgique n°9, novembre 1930.
Webb (Virgini-Lee ), Perfect Documents. Walker
Evans and African Art, 1935, New York, The Metropolitan Museum,
2000.
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Fig. 1 Vue de L’exposition
d’art africain et d’art océanien
à la Galerie du théâtre Pigalle en 1930.
Ensemble non inventorié et inédit de plaques
de verre, Société française de photographie,
Paris.
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Fig. 2 Man Ray, variante pour Black
and White, plaque de verre, ca. 1921. Fonds photographique
Man Ray, centre Georges Pompidou, Paris.
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Fig. 3 Walker Evans : photographie
d’une sculpture bangwa du Cameroun, extraite du portfolio
African Negro Art publié à l’occasion
de l’exposition du même nom, au Museum of Modern
Art, New York, 1935. inv. 256.
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