ARTS & SOCIÉTÉS
 

LETTRE DU SÉMINAIRE 58

Avec le concours de la Fondation de France

Centre d’histoire de Sciences Po

 
 
 

CONJURER LA GUERRE
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Frédérique Goerig-Hergott
Otto Dix, peindre pour exorciser la guerre



Direction : Laurence Bertrand Dorléac
Rédaction : Carole Gautier, Cécile Pichon-Bonin
Traduction : David Ames Curtis

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EDITORIAL

       
           « Je n’ai pas peint des scènes de guerre pour empêcher la guerre; jamais je n’aurais eu cette prétention », dit Otto Dix à Otto Wundshammer, en 1946, « je les ai peintes pour conjurer la guerre. Tout art est conjuration.»

           En évaluant son œuvre, plus de vingt ans après la Grande Guerre de 1914-1918, Dix souscrit à ce qu’avait annoncé Picasso de l’art au début du 20e siècle : à la fois son impuissance à changer le cours des choses et sa force de conjuration pour les artistes engagés dans l’inventaire du monde tel qu’il est.

           En l’occurrence, sans avoir pu rendre compte des événements in vivo, le refus de ses contemporains d’y revenir après 1918 lui fait ouvrir un autre front et manier une autre violence. Il y dit le chaos qui se tait dans le sillage du retable d’Issenheim, de Grünewald, des maîtres rhénans, des Désastres de la guerre de Goya. Tous avaient le pouvoir d’imaginer le pire et d’autant plus pour Dix qui l’avait vu de ses propres yeux dans les tranchées.

           Frédérique Goerig-Hergot, conservatrice au Musée d’Unterlinden, revient sur le cycle de celui qui s’aida de la tradition pour raconter une guerre de masse moderne avant de continuer à témoigner, jusqu’après la seconde guerre mondiale.

Laurence Bertrand Dorléac
  ISSN 2268-3119    

Letter published with the support of the Foundation of France
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