« L’art c’est la vie et la vie c’est l’art » fut un leitmotiv dans les années 1950-1960, dans le sillage de Dada. Wolf Vostell s’inscrit dans cette perspective avec son Théâtre dans la rue, en 1958, où il réclame la participation active du public jusque-là cantonné à son rôle de spectateur passif.
Julie Sissia — qui prépare par ailleurs une thèse sur l’art allemand en France après 1945 — se demande en quoi cette participation du public pouvait servir de manifeste pour la démocratisation de la pratique de l’art, et si la documentation autour de ce happening avait pour ambition de souligner son caractère collectif autrement qu’abstraitement, ou bien de forger et de mettre en scène l’œuvre elle-même. Auquel cas, l’auteur resterait encore le maître de ces lieux. Ce faisant, elle montre la difficulté de modifier le statut des acteurs du monde de l’art, au moins lors de ce premier épisode.