Anne Lafont revient sur les suites de la Révolution française où s’imposa l’impératif égalitaire et de liberté mais pas la « fraternité » inscrite au programme — du moins pour les femmes. Même si l’auteur sait que la catégorie « moderne » est minée depuis longtemps, elle travaille à l’affirmative action des écrivains et des artistes qui ne se limitent pas à Élizabeth Vigée-Lebrun dont l’engagement public lui valut une réputation de monstre, ce qui devait lui donner les ailes déjà expérimentées par les hommes pour imposer sa vie, son œuvre, son « marrainage » et ses Conseils pour la peinture de portrait.
En visitant l’histoire de créatrices pour la plupart encore méconnues, Anne Lafont décrit des milieux, des réseaux, des solidarités mais aussi des auto-représentations faites pour s’imposer sur une scène où brillent encore essentiellement les hommes.