Nous connaissions Antje Kramer pour sa thèse sur Les Nouveaux Réalistes en Allemagne (1957-1963), à paraître aux Presses du réel. Elle se penche ici sur la figure de l’artiste en pédagogue dans les années 1960-1970, à travers les écrits et les actions de Klein, Maciunas, Hundertwasser, Vostel ou Beuys. Soucieux avant tout d’entraîner des changements de société radicaux en rêvant d’un monde nouveau idéal né d’une éducation universelle où règnerait l’égalité, ils n’échappent pas aux contradictions d’utopistes conscients d’appartenir à une élite qui garantit sa supériorité en devenant artiste. En remontant dans l’histoire, Antje Kramer montre la singularité de cette époque où l’art n’est plus conçu en termes de transmission des savoirs artistiques mais comme un laboratoire d’un monde et d’un homme nouveaux.