ARTS & SOCIÉTÉS  
 

LETTRE DU SÉMINAIRE 35

Avec le concours de la Fondation de France

Centre d’Histoire de Sciences Po

 
 
  L'ARTISTE EN DÉMOLISSEUR

Le Démolisseur

Paul Signac, Le Démolisseur, 1897-1899, huile sur toile (250 x 152 cm), Musée des Beaux-Arts de Nancy


Richard Thomson
Ruines, rhétorique et révolution : Paul Signac et l'anarchisme dans les années 1890

 


Direction : Laurence Bertrand Dorléac
Rédaction : Élodie Antoine
Carole Gautier

Cécile Pichon-Bonin
Contact
Traduction : David Ames Curtis


 

LETTRES PRÉCÉDENTES

L'INFLUENCE DES SAINTS-SIMONIENS ET L'IDÉE D'UN ART EN AVANT-GARDE DE LA RÉFORME DU MONDE

la morale du corps

masculins feminins

L'enfant modèle

Le beau et l'utile

ENTRE UTOPIE ET MARKETING, LES NOUVEAUX PUBLICS

Le marché, à l'origine

le voyage des avant-gardes

Les grandes expositions

Qu'est-ce qu'un art social ?

PRIMITIVISMES

réalismes

Joseph beuys : la fabrique d'un chaman

L'artiste et le philosophe

app †ropriations

Alternatives au marché de l'art à New york

génie

préhistoires

après la guerre

L'argent

icônes

LE POUVOIR DES ARTISTES

marchandise et don

CONSTRUCTION ET VALEUR

NOminalisme

ROME ANTIQUE

DE L'ÉVALUATION

NOUVEAUTÉS SOVIÉTIQUES

LES ÉCONOMIES DE KLEIN

LES POLITIQUES DU RÉEL

TOCQUEVILLE ET LES ARTS EN DÉMOCRATIE



 
EDITORIAL


        


Avec Richard Thomson, il n'est jamais question d'isoler le monde des formes en lui épargnant le poids de l'histoire. Il nous offre une étude de l'œuvre méconnue de Signac, fruit d'une activité mêlée de peinture et d'anarchisme, sur fond de Troisième République et de reconstruction après la défaite cinglante de 1870 contre la Prusse. L'iconographie édifiante est bien connue, fondée sur l'idée de concorde nationale et de valeurs civiques républicaines optimistes. Or, Signac déplore les travers de cette République encore élitiste, hypocrite et corrompue, au moment où l'anarchisme progresse et se donne des armes et des lettres dans La Révolte et d'autres publications lues par les peintres dont lui, Camille  et Lucien Pissarro, Maximilien Luce ou le critique Félix Fénéon.  Bourgeois lui-même, la vie bourgeoise l'ennuie pourtant et ses tableaux en témoignent : il croit au bonheur anarchiste futur mais pas à la République qui s'endort sur ses lauriers. Son œuvre Le démolisseur (1897-1899), est donc aussi « un solide coup de pioche au solide édifice qui craque ». Un autoportrait dans l'action directe ?  C'est aussi à cela que répond Richard Thomson dans ses Ruines, rhétorique et révolution.   


Laurence Bertrand Dorléac