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TOCQUEVILLE
ET LES ARTS EN DÉMOCRATIE
Alexis
de Tocqueville par Théodore Chassériau, huile sur
toile, 1850.
Lucien
Jaume
Les effets de l'égalité sur les arts selon Tocqueville
Françoise
Mélonio
Des arts en démocratie
Direction
: Laurence Bertrand Dorléac
Rédaction : Élodie Antoine
Cécile Pichon-Bonin
Contact
Traduction : David Ames Curtis
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EDITORIAL
La
passion dominante des sociétés modernes est celle
de l’égalité : c’est la thèse
principale de la seconde Démocratie de Tocqueville.
L’un de ses effets serait l’adoucissement des mœurs
mais également le bouleversement de la culture et des objets
culturels car si c’est bien l’inégalité
aristocratique qui a encouragé les œuvres considérées
comme majeures, la société démocratique et
à vocation égalitaire, pousserait a contrario à
une culture divertissante du neuf et de la facilité. C’est
la raison pour laquelle Tocqueville voyait les sociétés
modernes comme non propices à la production d’œuvres
d’art importantes, les citoyens étant incapables
d’élaborer des critères raisonnables d’évaluation.
Alors que nous
voyons souvent l’art comme un contre-pouvoir (au-dessus
ou à côté de l’opinion), il l’envisage
donc au contraire comme un objet représentatif de l’esprit
général. Grands connaisseurs de la pensée
de Tocqueville, Françoise Mélonio et Lucien Jaume
reviennent pour nous sur le point de vue de l’écrivain,
non pas amateur d’art, mais concentré sur la démocratie
et ses effets sur les arts.
Laurence Bertrand
Dorléac |