ARTS & SOCIÉTÉS
 

LETTRE DU SÉMINAIRE 34

Avec le concours de la Fondation de France

Centre d’Histoire de Sciences Po

 
 
 

TOCQUEVILLE ET LES ARTS EN DÉMOCRATIE



Alexis de Tocqueville par Théodore Chassériau, huile sur toile, 1850.


Lucien Jaume
Les effets de l'égalité sur les arts selon Tocqueville

Françoise Mélonio
Des arts en démocratie

 


Direction : Laurence Bertrand Dorléac
Rédaction : Élodie Antoine

Cécile Pichon-Bonin
Contact
Traduction : David Ames Curtis


 

LETTRES PRÉCÉDENTES

L'INFLUENCE DES SAINTS-SIMONIENS ET L'IDÉE D'UN ART EN AVANT-GARDE DE LA RÉFORME DU MONDE

la morale du corps

masculins feminins

L'enfant modèle

Le beau et l'utile

ENTRE UTOPIE ET MARKETING, LES NOUVEAUX PUBLICS

Le marché, à l'origine

le voyage des avant-gardes

Les grandes expositions

Qu'est-ce qu'un art social ?

PRIMITIVISMES

réalismes

Joseph beuys : la fabrique d'un chaman

L'artiste et le philosophe

appropriations

Alternatives au marché de l'art à New york

génie

préhistoires

après la guerre

L'argent

icônes

LE POUVOIR DES ARTISTES

marchandise et don

CONSTRUCTION ET VALEUR

NOminalisme

ROME ANTIQUE

DE L'ÉVALUATION

NOUVEAUTÉS SOVIÉTIQUES

Les POLITIQUES DU RÉEL



 
EDITORIAL


        


        La passion dominante des sociétés modernes est celle de l’égalité : c’est la thèse principale de la seconde Démocratie de Tocqueville. L’un de ses effets serait l’adoucissement des mœurs mais également le bouleversement de la culture et des objets culturels car si c’est bien l’inégalité aristocratique qui a encouragé les œuvres considérées comme majeures, la société démocratique et à vocation égalitaire, pousserait a contrario à une culture divertissante du neuf et de la facilité. C’est la raison pour laquelle Tocqueville voyait les sociétés modernes comme non propices à la production d’œuvres d’art importantes, les citoyens étant incapables d’élaborer des critères raisonnables d’évaluation.
        Alors que nous voyons souvent l’art comme un contre-pouvoir (au-dessus ou à côté de l’opinion), il l’envisage donc au contraire comme un objet représentatif de l’esprit général. Grands connaisseurs de la pensée de Tocqueville, Françoise Mélonio et Lucien Jaume reviennent pour nous sur le point de vue de l’écrivain, non pas amateur d’art, mais concentré sur la démocratie et ses effets sur les arts.


Laurence Bertrand Dorléac