Icône
vient du grec pour désigner toutes les images religieuses
de toutes formes, de toutes matières et de toutes dimensions.
Objets de culte mais aussi objets d’art, les icônes
sont liées à la foi orthodoxe et des chrétientés
orientales — en particulier de Byzance —, mais aussi
à l’histoire de l’art. Elles sont les signes
d’une vision du monde qui ont inspiré aussi bien
les théologiens que les artistes et Jean-Claude Marcadé
nous rappelle à cet égard l’importance de
la découverte par Kandinsky des icônes peintes et
imprimées dans les izbas du Nord de la Russie où
le peintre dit avoir appris « à ne pas regarder le
tableau de côté, mais à évoluer
dans le tableau, à vivre en lui […] »
Il nous livre les clés du débat contemporain dans
la Russie postsoviétique où le double statut des
icônes reste d’actualité : un certain nombre
de croyants orthodoxes voudraient voir revenir dans les églises
ces images de la vénération qui furent installées
dans les musées où l’on voit parfois les fidèles
prier. Ce grand spécialiste de l’art russe ainsi
que le philosophe Igor Sokologorsky, respectivement à partir
des écrits de Nikolaï Taraboukine (1889-1956) et du
père Pavel Florenski (1882-1937), étudient magistralement
la part de l’interprétation de ces formes présentes
aussi bien dans l’art ancien que moderne.
Laurence Bertrand Dorléac