ARTS & SOCIÉTÉS
 

LETTRE DU SÉMINAIRE 23

Centre d’Histoire de Sciences Po

 
 
 

L'ARGENT


Carton de l'exposition "L'argent". Image extraite de
Cesare Pietroiusti & Paul Griffiths
Eating Money-An Auction, 2007
Vidéo transférée sur DVD, 4'. Courtesy de l’artiste.
Billet de 500 euros : 7,5 x 14,5 cm
Billet de 5 euros : 5,8 x 11,3 cm
Courtesy Pork Collection, Copenhague.


Elisabeth Lebovici et Caroline Bourgeois
L'Argent au Plateau


Direction : Laurence Bertrand Dorléac
Rédaction : Élodie Antoine
Traduction : David Ames Curtis

LETTREs PRÉCÉDENTEs

L'INFLUENCE DES SAINTS-SIMONIENS ET L'IDÉE D'UN ART EN AVANT-GARDE DE LA RÉFORME DU MONDE

la morale du corps

masculins feminins

L'enfant modèle

Le beau et l'utile

ENTRE UTOPIE ET MARKETING, LES NOUVEAUX PUBLICS

Le marché, à l'origine

le voyage des avant-gardes

Les grandes expositions

Qu'est-ce qu'un art social ?

PRIMITIVISMES

réalismes

Joseph beuys : la fabrique d'un chaman

L'artiste et le philosophe

appropriations

Alternatives au marché de l'art à New york

génie

préhistoires

après la guerre



 
EDITORIAL


        

        « Tout est chez nous comme dans une foire » écrit le stoïcien Epictète, « on y amène des bêtes de somme et des bœufs pour les vendre et la plupart des hommes y sont acheteurs ou vendeurs. Mais un petit nombre d’entre eux viennent à la foire comme à un spectacle, pour voir comment cela se passe, pourquoi cette foire, qui l’a instituée et à propos de quoi elle a été.[1] » Raconter la foire avant de partir, c’est aussi le rôle de l’historien de l’art qui s’intéresse au marché: nos séminaires de cette année seront largement consacrés aux économies alors que les événements renvoient déjà au passé un certain nombre de modalités liées à la financiarisation croissante du monde de l’art.
        Nous commençons par l’exposition sur l’argent d’Elizabeth Lebovici et de Caroline Bourgeois parce qu’elle nous permet d’entrer dans le sujet par les œuvres qui ont été depuis une trentaine d’années largement occultées au profit de leur valeur financière : l’euphorie a décuplé la possibilité de les oublier au profit du « marché » qui avait fini par être considéré comme le maître de cérémonie. Tobias Meyer, expert chez Sothebys, aurait déclaré que « l’art le meilleur est le plus cher, parce que le marché est très intelligent » (Le Journal des arts, printemps 2008).
        La qualité de cette présentation au Plateau, faite avec les moyens du bord, ouvrait sur des questions essentielles en montrant à quel point les artistes ont travaillé sur les liens économiques, jusqu’à fonder leur propre entreprise.

[1] Epictète (Hiérapolis, 50, Nicopolis, 125 ou 130), Entretiens, II, Pleïade, pp. 916-917.


                                                                                                        Laurence Bertrand Dorléac





Lettre publiée avec le concours de la Fondation de France

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