ARTS & SOCIÉTÉS
 

LETTRE DU SÉMINAIRE 22

Centre d’Histoire de Sciences Po

 
 
 

APRÈS LA GUERRE


Bikini atoll atomic bomb test, 1946.


Serge Guilbaut
Autour d'une exposition : houleuse culture transatlantique 1946-1956


Direction : Laurence Bertrand Dorléac
Rédaction : Élodie Antoine
Traduction : David Ames Curtis

LETTREs PRÉCÉDENTEs

L'INFLUENCE DES SAINTS-SIMONIENS ET L'IDÉE D'UN ART EN AVANT-GARDE DE LA RÉFORME DU MONDE

la morale du corps

masculins feminins

L'enfant modèle

Le beau et l'utile

ENTRE UTOPIE ET MARKETING, LES NOUVEAUX PUBLICS

Le marché, à l'origine

le voyage des avant-gardes

Les grandes expositions

Qu'est-ce qu'un art social ?

PRIMITIVISMES

réalismes

Joseph beuys : la fabrique d'un chaman

L'artiste et le philosophe

appropriations

Alternatives au marché de l'art à New york

génie

préhistoires



 
EDITORIAL

        Contrairement à ce qu’avait déclaré Barnett Newman, on ne repart jamais à zéro même s’il est vrai que « les vieux trucs étaient dépassés », dans la crise profonde générée par la Seconde guerre mondiale et tout ce qui l’avait précédée. Deux expositions viennent de repenser la situation de l’après-guerre à nouveaux frais. La plus récente, au Musée des Beaux-Arts de Lyon où sa conservatrice Sylvie Ramond avec Eric de Chassey ont dressé un tableau intelligent en présentant des œuvres et des artistes pour une part jusque-là méconnus : Américains de la côte ouest, Polonais ou Allemands anti-nazis échappés à la censure, etc.
        Au MACBA de Barcelone, Be-Bomb était imaginée juste avant par notre invité Serge Guilbaut dont les écrits sont essentiels pour comprendre les bouleversements de la scène artistique. S’appuyant sur un certain nombre de textes, dont son fameux livre décapant publié en 1983 aux Etats-Unis — Comment New York vola l’idée d’art moderne — Serge Guilbaut reprend le dossier dans son exposition éclairante où les œuvres et les débats étaient réactivés par une présentation très vivante et documentée de nombreux films, archives, revues ou manifestes. Il montre à quel point l’art n’a rien d’une activité neutre mais constitue au contraire un territoire de luttes acharnées où s’affrontent des conceptions du monde opposées. Que les unes aient gagné contre les autres ne suffit pas à l’auteur qui veut montrer pourquoi et comment en confrontant des œuvres et des documents avec la délicatesse due à l’art mais aussi à l’histoire largement oubliée dans le palmarès final de nos jugements de goût.


                                                                                                         Laurence Bertrand Dorléac





Lettre publiée avec le concours de la Fondation de France

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