RÉEL,
ARTS PLASTIQUES ET GUERRE FROIDE
Le projet de
recherche présenté dans le cadre du séminaire
a pour objectif d’interroger la notion de réel
dans les arts plastiques en France, RFA, RDA et Pologne, durant
les années 1960 et jusqu’à la fin des années
1980. Ce projet a pour ambition de revenir sur les enjeux idéologiques
qui ont présidé à l’interprétation
de l’art durant la Guerre froide et d’offrir une
nouvelle lecture des liens, des rapprochements, des différences
entre les pratiques artistiques de l’Ouest et de l’Est,
à partir de l’analyse de l’emploi d’une
même notion de part et d’autre du rideau de fer.
Les origines du projet
Ce projet a
pour origine le croisement de diverses observations faites lors
de recherches antérieures. Celles menées sur les
expositions d’art étranger en France, et particulièrement
sur celles d’art allemand, ont révélé
le caractère hautement politique de ces manifestations,
reflet des relations diplomatiques entre les pays. Dans ce cadre,
il apparaît que l’art ancien a pu être rattaché
à un discours politique dès lors qu’il était
investi par la psychologie des races visant à en déterminer
les fondements nationaux. En revanche, l’art produit à
partir de la fin des années 1950 est, quant à
lui, présenté plus directement et intrinsèquement
lié à des aspirations sociopolitiques, ce qui
a arrêté notre attention. Il n’est plus besoin
d’appliquer une quelconque méthode pseudo-scientifique
pour que les œuvres deviennent politiques, « elles
adhèrent à leur temps, s’ancrent dans la
réalité sociale, y jouent un rôle organique
»(1). Ces œuvres sont présentées comme
possédant une dimension socio-politique en elles-mêmes
et nombre d’expositions présentant des œuvres
de la seconde moitié du XXe siècle ont fait reposer
leur discours sur cette spécificité attribuées
aux œuvres contemporaines(2). Une fois ce contenu socio-politique
des œuvres établi, il est souvent présenté
comme s’articulant autour de pratiques caractérisées
par la subversion des traditions artistiques, par la recherche
de lier l’art et la vie, ou par le désinvestissement
du beau en art. Cette articulation d’un contenu à
une pratique supposés engagés semble constituer
un fil conducteur à travers la critique et l’histoire
de l’art des années 1960 à la fin des années
1980. Cependant, face à la profusion des expressions
de cette période et dans un souci d’établir
des points de repère, historiens de l’art et critiques
ont regroupé ces pratiques par affinités : le
détournement des objets est rattaché à
une dérive du Pop et de son commentaire de la société
capitaliste, le retour à la figuration, au milieu des
années 1960, procède de préoccupations
de gauche, les acteurs des performances rentrent moins dans
des compartiments définis, mais attestent tous de préoccupations
sociales évidentes. Une série de clés de
lecture s’est constituée et les œuvres ont
progressivement été enfermées dans des
intentions qu’on leur prête, les isolant le plus
souvent les unes des autres.
Par ailleurs, il apparait clairement que l’histoire de
l’art des années 1960 à la fin des années
1980 en Europe se concentre essentiellement sur l’Europe
dite occidentale, les dits anciens pays de l’Est sont
quasiment absents des ouvrages d’histoire de l’art.
Pourtant, la visite de collections muséales dans ces
dits anciens pays de l’Est, notamment en Pologne, nous
ont fait découvrir tout un corpus d’œuvres
largement ignorées et nous ont ainsi mis brutalement
face aux réalités de la propagande qui avait prévalu
de manière aussi virulente à l’Ouest qu’à
l’Est du rideau de fer.
Dans le cadre
des études sur les échanges artistiques de cette
période, cette même univocité de l’Ouest
est flagrante. L’URSS émerge bien sûr parfois
lorsqu’il est question de certaines formes de figuration,
mais ce sont les pays anglo-saxons que l’on présente
le plus souvent comme ayant joué un rôle majeur.
De ce point de vue, la recherche sur les relations artistiques
entre la France et l’Allemagne sont extrêmement
riches parce qu’elles ont émancipé l’analyse
de cette concentration sur les apports anglo-saxons. Elle touche
à des questions relevant de l’identité européenne,
qu’il s’agisse des marques géographiques,
politiques et morales laissées par la Seconde Guerre
mondiale, des biais à travers lesquels chacun des pays
tente d’assumer sa responsabilité, ou encore de
la volonté de constituer un couple fort au sein de l’Europe
en construction. Il faut cependant noter que l’Allemagne
dont il est question est la RFA, et que la RDA est le plus souvent
mise de côté.
Finalement,
l’image donnée de la scène artistique des
années 1960 à la fin des années 1980 est
celle d’une grande variété d’expressions,
que l’on s’efforce le plus souvent d’ordonner
par mouvements, par groupes. Il prévaut toujours l’idée
que ces scènes artistiques appartiennent à l’un
des deux grands blocs, celui de l’Ouest ou celui de l’Est,
dont on ignore pour ce dernier la plupart des manifestations.
Chacun de ces blocs apparait nettement délimité
et assène un modèle social de référence
établit comme une vérité absolue en opposition
à celle de son grand rival, créant ainsi une bipolarité
confinant au manichéisme qui ne peut plus satisfaire
aujourd’hui et dont les fondements doivent être
interrogés.
Les interrogations
Ces observations
m’ont conduite à questionner le contenu de l’investissement
socio-politique des œuvres de cette époque et la
justesse des analyses portées par une critique extrêmement
déterminée idéologiquement. Car le discours
critique des expressions artistiques qui s’est développé
dans le contexte de la guerre froide est hautement déterminé,
et nombre des discours de l’époque sont marqués
de manière consciente ou non par les idéologies
du temps. Ils s’efforcent plus ou moins clairement de
rallier les diverses pratiques aux sphères d’influences
de l’Ouest ou de l’Est, d’y discerner un engagement,
une prise de position, la possibilité d’échanges
entre l’Est et l’Ouest n’étant quant
à eux presque jamais envisagés.
La distance chronologique dont nous bénéficions
aujourd’hui par rapport à ces événements,
la disparition du rideau de fer et l’effondrement du bloc
de l’Est ne doivent-ils pas engager à réinterroger
ces œuvres et le discours qui leur a été
appliqué, à la manière des interrogations
que l’on porte sur les fondements nationalistes de l’histoire
de l’art au tournant des XIXe et XXe siècles ?
Derrière la logique de bloc qui sous-tend de nombreux
discours critiques, quelles ont été les ambitions
des artistes ? Il est temps de s’émanciper des
analyses reposant sur la stricte partition Est/Ouest, sur l’opposition
terme à terme entre bloc communiste et bloc capitaliste,
qui entérinent finalement la propagande de la guerre
froide, d’autant plus à l’heure où
l’on s’interroge toujours davantage sur les fondements
de l’identité européenne. Il semble désormais
essentiel, à la suite des autres disciplines, de rétablir
l’histoire des liens artistiques qui ont pu exister entre
l’Est et l’Ouest. L’idée a donc émergé
de poser cette question au couple franco-allemand au sujet duquel
les recherches ont été très riches et d’y
intégrer la Pologne en raison des liens essentiels qu’elle
partageait avec les deux autres pays. À travers la recréation
des liens artistiques entre la France, la RFA, la RDA et la
Pologne, il s’agit donc de questionner ce qu’ils
ont en partage, de voir si, au-delà des rapports formels
qui président au rassemblement des tendances artistiques
en groupe, il n’est pas possible d’établir
des liens entre les idées qui ont guidé la création
des œuvres, de vérifier si les modèles de
chacun des deux blocs ont été aussi déterminants
que ce que la lecture de l’époque nous a proposé.
C’est en interrogeant ce que ces pays ont pu partager
autour d’une même notion que peuvent sans doute
émerger les fondements d’une réflexion sur
la culture européenne contemporaine.
Le réel
Alors que nous réfléchissions à ces questions,
nous avons été saisis par la récurrence
de la notion de réel dans le discours sur les arts plastiques
de la période. Cette notion constitue un point de repère
essentiel pour les artistes qui situent leur production en lien
avec leur propre construction du réel. La notion de réel,
employée dans ce contexte, est donc polymorphe, mais
on peut néanmoins noter qu’elle peut être
entendue selon un point de vue temporel (réel comme actualité,
présent), un point de vue matériel (réel
comme monde environnant, celui des objets concrets), ou encore
que le réel peut-être assimilé à
la vérité. Ces diverses acceptions correspondent
à l’ambiguïté même de la définition
du terme et soulèvent chacune des questions singulières
dans le cadre du projet.
Lorsque le
réel est assimilé à une dimension temporelle,
les œuvres l’approchent à travers leur thématique
qui font de l’actualité le sujet de l’œuvre
(Hans Haacke), ou elles cherchent à établir une
équivalence entre l’art et la vie, le déroulement
dans le temps présent constituant une des caractéristiques
de l’œuvre, comme dans les performances qui interrogent
ce qui unit l’art au réel. Néanmoins, les
contextes changent tout, car ce ne sont pas les mêmes
buts lorsque l’art rejoint la vie dans un système
capitaliste (Gerhard Richter et Konrad Lueg, Leben mit Pop,
Performance dans le magasin de meuble Berges, Düsseldorf,
11 octobre 1963) ou dans un système communiste (Autoperforationartisten
de Dresde), dans une société libre ou dans la
dissidence. Dans les anciens pays de l’Est, une démarche
artistique mettant l’accent sur la présence physique
de l’artiste en tant qu’agent individuel revêtait
une dimension politique très singulière et distincte
des significations que prenaient ces pratiques dans le contexte
social occidental. À quoi correspond cette recherche
d’abolition des frontières ? Comment comprendre
ce souci de lier l’art au réel ? La vie que l’art
cherche alors à rejoindre est-elle toujours celle qui
est vécue ou bien une projection de celle que l’on
rêverait ? Par rapport à quelle illusion se situe
le réel avec lequel l’art cherche à nouer
? Afin de poser un regard renouvelé sur ces pratiques,
il faut tenir compte de la variété des contextes,
et prendre en compte les apports des expériences théâtrales
de la même époque qui ont largement interagi avec
les arts plastiques et notamment en Pologne avec Tadeusz Kantor
puis Grotowski. De même, il faut se pencher sur les pratiques
de l’art conceptuel qui ne se sont pas cantonnées
aux recherches autotéliques. La notion de réel
constitue ce par rapport à quoi les artistes conceptuels
se situent souvent de manière engagée, cherchant
à la façon de la performance à faire coïncider
l’élargissement des limites de l’art avec
l’élargissement des limites de la liberté
comme dans les œuvres de Zofia Kulik et Przemyslaw Kwiek
qui forment le tandem KwieKulik.
Lorsque le
réel est associé à une dimension matérielle,
il pénètre dans les œuvres à travers
des morceaux du monde environnant, des objets concrets que l’on
fait intervenir dans l’œuvre ou qui la constituent.
Ces pratiques ont souvent été associées
à une volonté des artistes de l’Ouest de
poser un constat plus ou moins engagé sur la société
de consommation du système capitaliste, analyse bien
sûr insuffisante et d’autant plus pour comprendre
les pratiques similaires qui se sont développées
à l’Est. Au-delà des interprétations
conventionnelles extrêmement déterminées
par le contexte politique de l’époque, il faut
porter plus d’attention à ce qu’implique
l’introduction de morceau du monde environnant dans la
matière même des œuvres. Loin d’être
une seule ode au système capitaliste, ces pratiques interrogent
l’abondance des choses, la constitution d’une «
archéologie du temps présent » et posent
la question de ce que le quotidien, l’immédiat
conservent comme marques du passé. En quoi le réel
peut-il constituer un réservoir de mémoire ? Il
faut donc se pencher sur l’intervention du réel
à travers les diverses pratiques qui introduisent des
objets issus du monde environnant et interroger les œuvres
du Nouveau réalisme, de Fluxus (Wolf Vostell ou Beuys),
de Wladyslaw Hasior, de Wlodimierz Borowski en Pologne ou encore
les œuvres de la Türenausstellung organisée
à Dresde en 1979.
Le réel peut aussi se confondre avec la notion de vérité,
il est alors assimilé à un discours qui vise à
se démarquer de la propagande, d’une lecture erronée.
À travers les œuvres, ce discours a pour objectif
d’atteindre une authenticité se démarquant
d’interprétations jugées injustes. La notion
de réel est centrale puisqu’elle représente
l’insaisissable. L’art devient alors une prise de
position dans le monde et particulièrement à travers
un certain recours à la figuration. Il faut questionner
ce que le retour au monde visible comme réservoir iconographique
dit du positionnement de l’artiste dans la société,
dans les œuvres d’un Jörg Immendorf ou d’Anselm
Kiefer. Qu’interroge le rejet d’une réalité
quotidienne brute par les artistes de la Figuration narrative
? Comme l’ont bien montré de récentes recherches
sur la figuration telle qu’elle a été investie
en RDA par des Wilhelm Tübke, Wolfgang Mattheuer, Arno
Rink, Volker Stelzmann, celle-ci ne répond pas à
un unique schéma d’analyse et l’étude
des œuvres révèle des ambiguïtés,
des incohérences qui méritent que l’on s’y
arrête.
Enfin la photographie, par son lien originel à la question
du rendu du réel, soulève des questions fondamentales
pour ce projet. Qu’est-ce que recèle l’idée
d’équivalence entre le réel et l’image
photographique ? Quelle incidence a l’acte artistique
sur la façon dont est saisi le réel ? Qu’interroge
la recherche d’objectivité des artistes de Düsseldorf
et les prises de vue, a priori neutres, d’une Evelyn Richter
en RDA ? La réalité telle qu’elle est transmise
à travers les œuvres photographiques est-elle véritablement
sans message, comme l’a pensé Roland Barthes ?
Ce sont des questions qui interrogent les implications de la
subjectivité dans la tentative de capture de l’objet
original.
Le réel peut donc intervenir par plusieurs de ces biais
dans les œuvres. L’usage qui est fait de cette notion
dans les arts plastiques utilise cette ambiguïté
qui permet de la relier à de nombreuses œuvres,
comme en atteste la récurrence du terme dans les écrits
d’histoire de l’art de l’époque traitant
de sujets pourtant très différents :
Cette notion
est convoquée dans les titres des ouvrages d’un
Peter Sager, Neue Formen des Realismus – Kunst zwischen
Illusion und Wirklichkeit, Cologne, 1973 ; d’un Christopher
Carrell et al. (éd.), Polish Realities : New Art
from Poland, Glasgow, 1988 ; d’un Hal Foster, The
Return of the Real : The Avant-Garde at the End of the Century,
Cambridge, Mass, 1996, L’art du réel aux USA
1948-1968, cat. exp., Paris, Galeries nationales du Grand
Palais, 1968 ; elle fait également irruption dans les
intitulés des chapitres de Michael Archer, L’art
depuis 1960, Paris, 1997, chapitre « Le réel
et ses objets » ; de Catherine Millet, L’art
contemporain en France, Paris, 2005, sections intitulées
« L’art adhère au réel » ou
« Un retour dans la réalité des choses »,
ou encore de Klaus Honnef, Kunst der Gegenwart, chapitre
« Die Inszenierung des Wirklichen oder die Macht der Fotografie
», Cologne, 1988.
La notion de réel est donc extrêmement pertinente
pour interroger cette période hautement déterminée
d’un point de vue politique, écartelée entre
deux modèles de société qui chacun revendiquaient
la vérité, et qui, au-delà des déclarations
d’intention sur lesquelles se sont souvent reposées
les analyses, révèlent en fait d’importantes
incohérences, ambiguïtés. Elle permet de
réintroduire de l’humain là où la
doctrine a voulu s’imposer.
En identifiant cette prégnance de la politique et de
l’idéologie dans les œuvres et leurs interprétations,
il ne s’agit pas de la remettre en question, ni de revenir
sur le tiraillement entre les blocs durant la guerre froide
qui est un fait avéré. Nous proposons plutôt
une recherche qui, profitant de la distance chronologique qui
nous sépare désormais de la guerre froide, tend
à revenir aux œuvres et, tout en tenant compte de
ce contexte, s’efforce de toucher à leur particularité
pour les émanciper d’une compréhension trop
déterminée par la lecture faite au moment de leur
création et marquée par l’opposition factice
entre capitalisme et communisme.
En interrogeant l’articulation des œuvres à
une même notion (le réel), il s’agit d’engager
de nouvelles perspectives d’interprétation profitant
des regards croisés entre les cultures, des recoupements
d’idée entre des œuvres qui ne laisseraient
pas croire de prime abord partager des points communs. Cette
démarche bénéficie également de
l’apport des réflexions de l’esthétique
sur l’approche du réel par les artistes, car cette
notion tient une place essentielle dans le domaine de l’esthétique
et il semble évident qu’il s’agit d’un
terrain particulièrement propice à la rencontre
entre historiens de l’art et philosophes. Le travail de
coopération s’articule autour de l’étude
des emprunts à l’esthétique par le discours
de la critique et l’analyse des ambitions énoncées
par les artistes tout en veillant à cerner ce qu’ils
en ont saisi.
À travers cette démarche, l’objectif est
de faire une histoire de l’art qui tient compte de l’Ouest
et de l’Est, qui souligne les nuances, l’absence
de stricte cohérence avec une idéologie politique
attribuée aux œuvres dont on a voulu faire les témoins
d’une Guerre froide trop caricaturale.
Notes
1. Catherine Millet, L’art contemporain
en France, Paris, 2005, p. 34.
2. Voir par exemple Après le classicisme,
cat. exp., Saint-Etienne, musée d’art et d’industrie,
1980 ; Art Allemagne Aujourd’hui. Différents
aspects de l’art actuel en république fédérale
d’Allemagne, cat. exp., Paris, ARC/musée d’Art
moderne de la Ville de Paris, 1981.
Bibliographie
Boheme und Diktatur in der DDR. Gruppen, Konflikte, Quartiere,
1970-1989, cat. exp. Berlin, Deutsches Historisches Museum
1997.
Jeneseits der Staatskultur. Traditionen autonomer
Kunst in der DDR, éd. Gabriele Muschter et Rüdiger
Thomas, Munich, 1992.
Kunst und Kalter Krieg. Deutsche Positionen 1945-1989,
cat. exp. Nuremberg, Germanisches Nationalmuseum, 2009.
Luiza Nader, Konceptualizm v PRL (Conceptual
art in Poland. Language-attitude-strategy), Varsovie, 2009.
Piotr Piotrowski, In the Shadow of Yalta.
Art and the Avant-garde in Eastern Europe, 1945-1989, Londres,
2009.
Maïté Vissault, Der Beuys Komplex
– L’identité allemande à travers la
réception de l’œuvre de Joseph Beuys (1945-1986),
Dijon, Presses du Réel, 2010.
|
|
|
|